France : primaire socialiste, dans la peau des candidats

15/09/11 à 17:09 - Mise à jour à 17:09

Source: Le Vif

Les six candidats à la primaire socialiste pour l'élection de présidentielle de 2012 vont s'affronter pour la première fois en direct à la télévision ce jeudi soir sur France 2. Véritable numéro d'équilibriste, ils devront se démarquer sans déraper.

France : primaire socialiste, dans la peau des candidats

© EPA

Entraînement, choix des sujets de prédilection, teneur du discours,... Chaque camp prépare le premier débat télévisé de la primaire PS prévu ce jeudi soir à 20h35 sur France 2.

Cette nuit a dû être courte pour les candidats à la primaire PS, partagée entre stress, révisions de dernière minute, voire prières lancées à tous les protecteurs que comptent les Cieux. Tout cela pour s'assurer de ne pas manquer le premier des trois débats organisés dans le cadre de la primaire. A 20h35, cinq d'entre eux entreront sur le plateau de France 2 avec l'espoir de refaire leur retard sur François Hollande, qui, lui, essaiera de conserver l'avance que lui confèrent les sondages.

Les objectifs sont évidents, mais quid des méthodes de chacun? Difficile à dire. Les entourages entretiennent le mystère. "Je ne vais pas vous dévoiler nos méthodes d'entraînement, si ce n'est qu'à débat présidentiel, méthodes présidentielles", sourit Luc Carvounas, directeur de campagne de Manuel Valls.

Les autres jurent, main sur le coeur, que leur champion ne s'est pas spécifiquement préparé pour cet exercice. "Aucune préparation particulière, pas de media training", avance Faouzi Lamdaoui, chargé de communication pour François Hollande.

Même chose pour Ségolène Royal: "Elle n'est pas du genre à se laisser entraîner par quelqu'un d'autre. Et puis, elle a pour elle l'expérience des six débats de 2006 et de celui du deuxième tour de la présidentielle de 2007", confie un proche. "Ce sont ses déplacements sur le terrain qui la nourrissent", s'enflamme même son porte-parole Guillaume Garrot.

Quant à Arnaud Montebourg, son directeur de campagne Aquilino Morelle reconnaît qu'il a allégé son programme pour les 72 heures précédant le débat, pour que le député de Saône-et-Loire puisse "se reposer et travailler". En revanche, pas question, pour lui non plus, de révéler l'existence de séances d'entraînement au débat: "ça ne se dit pas."

Différences de style
Même discrétion pour (presque) tous les candidats socialistes quant au choix de leur sujet de prédilection. Car, tous pourront plancher pendant trois minutes sur un thème choisi au préalable. Chez Manuel Valls, on confie qu'il s'agira de la sécurité. Chez les autres, motus et bouche cousue.

Malgré toutes ces cachotteries, on peut déjà deviner la teneur que prendront les interventions des candidats. François Hollande capitalisera sur son travail de longue haleine et ses très nombreux déplacements, tout en se projetant vers la présidentielle: "Il ne faut pas paraitre assiégé, ni faire la défense et l'illustration de sa propre cause", avance-t-il.

Fidèle à son habitude, Manuel Valls fera tout pour se démarquer et démontrer en quoi sa candidature est différente: "il expliquera également qu'il n'y a pas, cette fois-ci, de nécessité de voter utile le 9 octobre, qu'il n'y aura pas de 21-Avril", confie-t-on. De son côté, Arnaud Montebourg profitera de ce débat, dominé par les questions économiques, pour creuser le sillon de la démondialisation et renforcer encore son discours de gauche.

Ségolène Royal et Martine Aubry affichent toutes les deux depuis quelque temps leur volonté de débattre, au risque de provoquer quelques frictions.

Royal et Aubry à l'offensive

"Je suis dans un état d'esprit excellent, très sereine. Ces débats vont servir à comparer les propositions, mais aussi les tempéraments", avance Ségolène Royal. Un discours, qui recoupe étonnamment celui d'Olivier Dussopt, porte-parole de Martine Aubry: "Pour la première fois tous les candidats seront ensemble, côte à côte. On va pouvoir faire ressortir les différences de priorités et de tempéraments. Martine est blindée et ultra-prête, elle est la candidate qui maîtrise le mieux le projet socialiste."

Ces derniers jours ont marqué un durcissement du discours chez les deux candidates. Dans les colonnes du Figaro, l'ancienne candidate à la présidentielle s'en est pris à François Hollande ("candidat de l'inaction") et à Martine Aubry ("candidate de l'inexpérience" électorale).

La maire de Lille n'est pas en reste. Ses soutiens comptent énormément sur ce premier débat pour combler le retard sur François Hollande. Ils ont toujours considéré ce 15 septembre comme un tournant de la campagne.

Elle va donc devoir afficher clairement sa différence avec les autres candidats, quitte à jouer des épaules dans le sprint final: "Si elle est désaccord avec l'un d'entre eux, elle le dira de manière très claire, quel que soit le candidat en question, assure Olivier Dussopt. Elle ne sera pas agressive, mais offensive."

La nuance tiendra-t-elle tout au long des deux heures d'émission?

Dans la peau des candidats

Avant ce grand moment cathodique, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, décrypte les enjeux et la stratégie des six concurrents. Pour voir les vidéos, cliquez ici.

LeVif.be avec L'express.fr

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