France : Mélenchon présente sa VIe République place de la Bastille

18/03/12 à 21:54 - Mise à jour à 21:54

Source: Le Vif

Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, a convoqué le peuple Français place de la Bastille ce dimanche pour présenter son projet de sixième République". 40 000 à 50 000 personnes ont répondu présent.

France : Mélenchon présente sa VIe République place de la Bastille

© AFP

"La vedette de cette journée, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon, mais le peuple présent aujourd'hui à la Bastille". Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français, a bien raison. Le candidat du Front de gauche n'a d'ailleurs pas cherché à s'éterniser sur la tribune spécialement montée ce dimanche devant l'Opéra.

Point d'orgue d'une journée hautement symbolique sur une place qui l'est tout autant, le discours de Jean-Luc Mélenchon a duré moins d'une demi-heure et était centré uniquement sur les questions institutionnelles. Le tribun du Front de gauche a dessiné les contours de sa VIe République, où par exemple la "stricte parité entre hommes et femmes sera respectée dans la nouvelle assemblée constituante". Défenseur acharné de la laïcité, il a aussi rappelé son souhait d'abroger le concordat d'Alsace-Moselle qui organise les cultes religieux.

Empruntant parfois un ton gaullien, Jean-Luc Mélenchon a solennellement appelé le peuple Français à "tourner la page de l'ancien régime". Car pour lui, "c'est en refondant la République qu'on refondera la France elle-même".

"A l'Elysée, ils sont inquiets!"

Les proches de Jean-Luc Mélenchon, avant même le début de son discours, étaient déjà tout sourire. "Cette journée est une victoire pour nous", s'est félicité Pierre Laurent. En réalité, ce meeting avait avant tout pour but d'envoyer trois messages, à ce moment précis de la campagne où Jean-Luc Mélenchon voit ses efforts salués par des sondages flatteurs.

Le premier était destiné à Nicolas Sarkozy, pour lui faire comprendre qu'on ne s'improvise pas candidat du peuple du jour au lendemain, surtout quand on ne l'a pas toujours écouté, comme ce fut le cas sur le Traité constitutionnel européen ou sur les retraites. "A l'Elysée, je suis sûr qu'ils sont inquiets de revoir descendre dans la rue tous ceux qui avaient manifesté contre la réforme des retraites", jure le secrétaire général du Parti communiste.

Le deuxième est adressé à la rue de Solférino. Jean-Luc Mélenchon et ses amis veulent instaurer un rapport de force avec le PS pour contraindre François Hollande à radicaliser son programme. Et en parvenant à rassembler des dizaines de milliers de Français, le Front de gauche montre aux socialistes qu'il est en train de devenir une force politique incontournable à gauche.

Duflot et Placé en trouble-fête

Ce succès ne plait pas à tout le monde. Les responsables d'Europe-Ecologie-les Verts voient d'un mauvais oeil cette concurrence. La patronne des écolos, Cécile Duflot, a lancé les hostilités, en déclarant que "Jean-Luc Mélenchon fait de la politique dans un rétroviseur". Jean-Vincent Placé, le n°2 d'EELV a poursuivi dans l'après-midi : "Je n'ai pas de sympathie particulière pour les thèmes de campagne portés par Jean-Luc Mélenchon, y compris quelque part une forme de repli franco-français, de refus d'une Europe ouverte et plus démocratique, donc je ne me retrouve pas du tout dans cette candidature". Au Front de gauche, on assure ne pas vouloir répondre, pour ne pas entrer dans une polémique inutile.

Enfin, le troisième message est avant tout pédagogique et s'adresse aux électeurs du FN, pour qu'ils se détournent de l'extrême-droite. Depuis plusieurs semaines, Jean-Luc Mélenchon est en guerre contre Marine le Pen. Et le Front de gauche assure que le combat pour la reconquête de cet électorat populaire trahi par les partis de gouvernement va continuer.

A cinq semaines du premier tour, Jean-Luc Mélenchon entend plus que jamais s'imposer comme le candidat du peuple. La présence d'environ 40 000 à 50 000 personnes (120 000 selon les organisateurs) cet après-midi à la Bastille peut le rassurer : ses trois messages ont été reçus cinq sur cinq.

Levif.be, avec Lexpress.fr

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