France : Le mouvement de grève s'essoufle

26/10/10 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

Source: Le Vif

Le mouvement de contestation contre la réforme des retraites montre des signes d'essoufflement en dépit de nouvelles manifestations de jeunes et de salariés. Le texte sera adopté mercredi au parlement.

France : Le mouvement de grève s'essoufle

© EPA

Après des semaines de tensions, le conflit sur la réforme des retraites se calme. Le texte prévoit le recul de l'âge minimal de la retraite, passant ainsi de 60 à 62 ans. Il sera adopté mardi au Sénat et mercredi à l'Assemblée générale.

Retour à la normale pour certains secteurs

Sur les douze raffineries françaises, en grève depuis deux semaines, cinq ont repris le travail. On note aussi une amélioration dans les dépôts de carburant. Selon le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le retour à la normale pour l'approvisionnement en carburants est "progressif mais régulier". La grève dans toutes les raffineries de France et le blocage de dépôts pétroliers avait entraîné des pénuries de carburants.

Dans les transports, la mobilisation semblait aussi se tarir. A l'international, des liaisons étaient encore annulées mais le service était normal vers la Belgique, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Les éboueurs de Marseille ont également repris le travail après 14 jours de grève. Près de 10.000 tonnes de déchets s'accumulaient dans les rues de la ville. "Les derniers blocages (sont) derrière nous", a estimé le patron du parti de la majorité UMP (droite) Xavier Bertrand.

Pénalisant des secteurs de l'économie comme le tourisme, la chimie ou le bâtiment, les pénuries de carburant ont engendrés des pertes se situant "entre 200 à 400 millions d'euros par jour", selon les estimations du gouvernement.

Lundi soir, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), 25% des stations-service connaissaient des problèmes d'approvisionnement. Le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, a annoncé pour mardi, que quatre stations sur cinq seraient "en état de fonctionnement". Un objectif jugé cependant difficile à atteindre par l'Ufip.

Les syndicats ne baissent pas les bras

Même si la grève s'essouffle, les syndicats tentent de maintenir la pression avant la promulgation de la loi, mi-novembre. Bernard Thibaut, leader de la CGT (syndicat français) déclarait sur France 2, que le mouvement contre la réforme des retraites "continuera" et "prendra d'autres formes". Pour lui, "la mobilisation a pris une dimension extraordinaire qu'on n'a pas connu depuis des dizaines d'années, avec une multitude d'initiatives".

Pour François Chérèque, numéro un de la CFDT (autre grand syndicat français), "le débat parlementaire va se terminer". Il ajoute : "On ne remet pas en cause la légitimité du parlement (...) mais après, le président de la République a la possibilité d'ajourner le débat (...) parce qu'une loi est toujours perfectible".

Mardi, un appel à la mobilisation a été lancé pour les jeunes et étudiants. Entre quatre et sept universités (sur 83) étaient perturbées et des rassemblements prévus dans plusieurs villes. Les salariés sont quant à eux, invités jeudi à une nouvelle journée de grèves et de manifestations. Une autre journée d'action est prévue le 6 novembre.

"Belgique-France-Solidarité"

Un "Comité belge de soutien aux travailleurs et aux jeunes en lutte contre le gouvernement sarkozyste" a vu le jour en Belgique. Dans son communiqué, il dénonce la politique suivie par le gouvernement français et sa logique capitaliste.

"Belgique-France-Solidarité" est composé de personnes issues des milieux syndicaux, politiques, universitaires et de la société civile en général. Le comité annonce l'organisation d'un rassemblement de protestation, devant l'ambassade de France en Belgique. Il fera écho à l'action menée le même jour par les syndicats en France.

Il envisage également l'organisation d'autres actions : un appel au blocage des autoroutes belges à la frontière avec la France; un appel à l'action aux syndicalistes des pays limitrophes de la France; un appel de boycott des produits de luxe français, etc.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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