France: envers et contre (presque) tous, Hollande poursuit sa politique

12/11/13 à 21:41 - Mise à jour à 21:41

Source: Le Vif

Hué lors des cérémonies du 11 novembre, confronté à une grogne sociale de plus en plus vive, pressé de remanier son gouvernement, François Hollande a assuré mardi qu'il restait déterminé à poursuivre sa politique malgré des sondages calamiteux.

France: envers et contre (presque) tous, Hollande poursuit sa politique

© Reuters

"Le seul objectif que je poursuis aujourd'hui, c'est l'emploi notamment celui des jeunes", a déclaré le président français à l'issue d'une conférence européenne sur l'emploi des jeunes, à laquelle ont participé 24 des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

François Hollande s'est engagé à inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l'année. Fin septembre, on comptait 3,29 millions de personnes inscrites au chômage et sans aucune activité. Alors que des manifestations d'enseignants, artisans et commerçants devaient marquer une nouvelle semaine sociale délicate pour le gouvernement de gauche, déjà confronté dans l'ouest à la poursuite d'une fronde antifiscale, l'opposition et des membres de la majorité ont tiré mardi la sonnette d'alarme pour un remaniement au plus vite.

"Le gouvernement semble à la fois être devenu sourd et ne plus être entendu (...). Il faut envoyer un signal d'urgence aux Français afin de rétablir le dialogue. Cette urgence doit se traduire par un remaniement gouvernemental. Oui, il faut remplacer le Premier ministre d'urgence", a déclaré ainsi un député socialiste, Malek Boutih, réclamant que le chef de l'Etat s'entoure de "personnalités plus fortes avec qui partager le pouvoir".

Ce député, dont la position est partagée par la candidate socialiste à la mairie de Paris Anne Hidalgo, a suggéré de remplacer Jean-Marc Ayrault par, au choix, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, une cacique du parti et maire de Lille (nord) Martine Aubry, ou le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Ces commentaires ont fortement déplu dans les rangs du PS, et Martine Aubry a apporté son "plein soutien" au Premier ministre.

Dans un climat social jugé délétère, marqué par des attaques contre des symboles de la République, l'exaspération tous azimuts des Français s'exprime contre la politique fiscale du gouvernement, la réforme des rythmes scolaires ou les restructurations d'entreprises. Elle fait les choux gras de l'opposition qui juge le pays "au bord de la crise de nerfs".

Selon Luc Chatel, le vice-président du principal parti d'opposition, l'UMP, François Hollande "qui avait promis un pays d'apaisement est en train de récolter la tempête". "Nous n'avons jamais connu ce délitement dans la société française, cette fronde de toutes les sensibilités: ouvriers, agriculteurs, artisans, familles, petits patrons (...) le président doit l'entendre, il doit réagir", a poursuivi l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "François Hollande bousculé par l'exaspération sociale et politique", titrait mardi en une le quotidien Le Monde tandis que le Figaro, proche de l'opposition, jugeait que "La fronde contre le pouvoir se généralise".

Selon un sondage publié lundi, 67% des Français souhaitent que le chef de l'Etat nomme un nouveau Premier ministre. Le style de François Hollande, cible favorite des critiques de l'opposition depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012, continuait aussi de cristalliser les attaques.

Un membre de l'opposition, le président du parti du Nouveau Centre, Hervé Morin, dénonçait mardi un chef de l'Etat pas légitime car "vécu comme incompétent". L'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a jugé que sa façon d'exercer le pouvoir conduisait à un "affaiblissement terrible de l'autorité de l'Etat".

Le Premier ministre a accusé l'opposition de faire croire à une crise institutionnelle en France et de "remettre en cause la légitimité" de l'élection de François Hollande. Il a aussi réaffirmé s'atteler à son unique sujet de préoccupation: "le progrès, le redressement de la France, mais aussi les valeurs de la République".

La prise à partie du chef de l'Etat lundi lors des commémorations de l'Armistice, inédite, a choqué en France, même si les incidents sont demeurés limités. Jusqu'à présent, les célébrations à la mémoire des morts pour la France étaient entourées d'un consensus lié à l'unité nationale.

Le ministre de l'Intérieur a accusé les manifestants d'être liés à l'extrême droite. François Hollande a jugé mardi que ces"outrages" et ces "insultes" "déshonorent leurs auteurs".

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