France: des milliers de Kurdes réclament justice pour trois militantes tuées en 2013

07/01/17 à 15:15 - Mise à jour à 15:15

Source: Afp

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi à Paris afin de réclamer "justice" pour trois militantes kurdes assassinées en 2013 dans la capitale française.

France: des milliers de Kurdes réclament justice pour trois militantes tuées en 2013

© AFP

"Nous voulons la justice", "Erdogan terroriste", scandaient les manifestants réunis en fin de matinée, malgré un froid glacial, sous une forêt de drapeaux, selon un journaliste de l'AFP.

Fort d'environ 5.000 personnes, selon une estimation de l'AFP, le cortège parti de la gare du Nord devait rejoindre la place de la République, sous forte protection policière.

Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) réputée proche de son chef historique Abdullah Öcalan, Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans, avaient été abattues le 9 janvier 2013 de plusieurs balles à la tête, au siège d'une association kurde en plein coeur de Paris.

"Il y a 4 ans que cela s'est passé. Nous étions en colère quand elles ont été assassinées, nous sommes d'autant plus en colère à l'heure actuelle parce que le procès n'a pas pu avoir lieu, les commanditaires n'ont pas été retrouvés", a déclaré Cemile Renklicay, co-présidente du Conseil démocratique kurde de France.

"On a l'impression que nos camarades ont été tuées deux fois", a-t-elle ajouté.

Accusé du triple assassinat, le Turc Omer Güney, qui devait être jugé fin janvier, est mort à Paris le 17 décembre dernier, victime d'une tumeur cérébrale. Son décès a éteint l'action publique à l'encontre de ce suspect qui avait toujours clamé son innocence.

Au terme de l'instruction, les enquêteurs avaient pointé "l'implication" de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, mais sans pouvoir établir qui étaient les commanditaires de ces crimes, selon une source proche du dossier.

Les investigations n'avaient pas permis d'établir si ces agents avaient agi "avec l'aval de leur hiérarchie" ou "à l'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix", entamé à l'époque entre Ankara et le PKK, a ajouté la source.

Les services secrets turcs ont officiellement démenti en janvier 2014 tout rôle dans les assassinats.

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