Fin de mission en vue pour les F-16 belges en Jordanie, mais l'alternance se prépare

08/06/15 à 18:34 - Mise à jour à 18:34

Source: Belga

Par 40 degrés à l'ombre, dans la fournaise du désert jordanien, deux pilotes belges gagnent leur avion de combat F-16 avant de s'envoler une demi-heure plus tard pour une mission de guerre au-dessus de l'Irak, à la recherche de cibles au sol potentielles du groupe terroriste Etat islamique (EI), dans le cadre de l'opération "Inherent Resolve" de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

Fin de mission en vue pour les F-16 belges en Jordanie, mais l'alternance se prépare

© Belga

Casqués, harnachés, dotés de leur équipement de survie et d'une arme individuelle, les deux pilotes, dont l'identité est tenue secrète pour des raisons de sécurité, vont patrouiller durant plusieurs heures dans l'espace aérien irakien, avec au moins deux ravitaillements en vol, selon une chorégraphie soigneusement orchestrée par un centre de commandement principalement américain installé au Qatar.

Cette scène s'est déroulée lundi, comme six jours par semaine, mais en présence du ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, accompagné de quelques journalistes admis à titre exceptionnel sur cette base jordanienne dont le nom est tu à la demande des autorités d'Amman. Aucune prise de vue n'a toutefois été autorisée, preuve de la grande sensibilité des Jordaniens quant à leur participation à la coalition anti-EI. Il est vrai qu'ils ont déjà perdu un pilote, le lieutenant Maaz al-Kassasbeh, capturé par l'EI et brûlé vif après le crash de son F-16 lors d'une mission en Syrie, là où n'interviennent que les Etats-Unis, leurs alliés arabes et le Canada.

Six F-16 belges, servis par quelque 120 militaires, y sont stationnés depuis octobre dernier, aux côtés d'appareils jordaniens, néerlandais et américains, tous engagés dans la lutte contre les djihadistes de l'EI (alias Daech en arabe).

726 vols et 141 largages de bombes

Le détachement belge a effectué 726 vols en 3.210 heures et procédé à 141 "engagements" (le largage d'une bombe sur un objectif au sol des djihadistes) uniquement en Irak, selon un bilan mis à jour jeudi dernier de cette opération, baptisée "Desert Falcon" (ODF). "Sans causer de dommage collatéral", soulignent les militaires.

"La décision ultime (de larguer une bombe) revient au pilote en fonction de ce qu'il voit", a rappelé lundi le commandant de détachement, un officier supérieur chevronné qui a lui aussi requis l'anonymat.

Les aviateurs belges disposent d'équipements sophistiqués, comme un viseur de casque (en journée), des jumelles de vision nocturne (en anglais "Night Vision Googles", NVG), accrochées au casque du pilote, et un pod de désignation Sniper, fixé sur l'entrée d'air du F-16. Cette nacelle est équipée d'une caméra à fort grossissement à deux canaux (normal pour la journée et infrarouge pour détecter les sources de chaleur de nuit) ainsi que d'un désignateur laser pour guider les bombes sur le point visé.

Fin de la mission d'ici début juillet

La mission des Belges devrait toutefois prendre fin d'ici début juillet, pour des raisons budgétaires, comme prévu l'an dernier par le gouvernement. Mais avec désormais une possibilité de reprise l'an prochain, en coopération avec les Pays-Bas.

"Nous cherchons une formule de rotation avec d'autres Européens, essentiellement les Néerlandais", a confirmé M. Reynders, précisant que son collègue de la Défense, Steven Vandeput, y travaillait.

Le scénario actuellement négocié entre Bruxelles et La Haye prévoit un retrait belge de l'opération fin juin - tout en conservant un nombre limité de personnes en Jordanie et au centre de commandement aérien ("Combined Air Operations Center", CAOC) d'al-Udeid au Qatar - et une prolongation de la mission néerlandaise - qui expire actuellement en octobre - jusqu'en juin 2016. Les Belges leur succèderaient alors.

M. Reynders a confirmé lundi que l'opération contre Daech s'annonçait comme un engagement de longue haleine, avec une planification de rotation ("flip-flop" en jargon) portant actuellement "sur au moins trois ans". "Le but, c'est de venir par périodes successives, dans un cadre budgétaire" serré, a expliqué le chef de la diplomatie belge.

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