Face à la "guerre hybride", l'Otan et l'UE veulent davantage coopérer

14/05/15 à 18:53 - Mise à jour à 18:54

Source: Belga

L'Otan et l'Union européenne, confrontées à une Russie jugée plus agressive et à la menace djihadiste, veulent améliorer leur coopération, notamment pour contrer les tactiques de "guerre hybride", ont annoncé jeudi deux responsables.

Face à la "guerre hybride", l'Otan et l'UE veulent davantage coopérer

© AFP

"La guerre hybride combine différents types de menaces, y compris conventionnelles, de la subversion et des cyberattaques", a expliqué le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, à l'issue d'une réunion ministérielle à Antalya (sud-ouest de la Turquie).

L'Otan accuse la Russie d'avoir recours à des tactiques "hybrides" pour "déstabiliser l'Ukraine", combinant des moyens militaires classiques à des actions plus secrètes dans le domaine civil, comme des cyberattaques, de la propagande et de la désinformation, l'agitation de minorités, des coupures de gaz et des mesures de rétorsion économique.

L'annexion de la Crimée en mars 2014, où de "petits hommes verts" -en fait des membres des forces spéciales russes sans insigne- avaient occupé, dans la confusion générale, des lieux stratégiques, est souvent citée en exemple.

Mais ce concept peut aussi être utilisé pour décrire les activités du groupe jihadiste de l'Etat islamique en Irak, en Syrie et sur les réseaux sociaux.

"Ce qui est extrêmement important pour nous, c'est une coordination forte à tous niveaux", et "notamment en ce qui concerne le partage d'informations sur les nouvelles menaces auxquelles nous faisons face", a expliqué la haute représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, invitée à cette réunion ministérielle.

L'UE et l'Otan ont 22 Etats membres en commun. "Nous avons demandé à nos équipes d'intensifier la coopération Otan-UE contre la guerre hybride" afin de "garantir que les stratégies que nous mettons au point sont complémentaires pour que nous puissions agir rapidement et de façon efficace si une menace de guerre hybride apparaissait contre l'un de nos membres", a dit M. Stoltenberg.

"A l'est (de l'Otan), nous avons une Russie plus agressive qui a utilisé la force pour modifier des frontières et intimider des voisins. Au sud, les troubles et l'extrémisme violent ont atteint des niveaux jamais vus dans les temps modernes", avait-il estimé plus tôt dans la journée.

Il a détaillé les réponses apportées par l'Alliance pour améliorer sa "défense collective", en renforçant sa présence à l'est et en mettant sur pied dès 2016 des brigades très réactives, dont certaines unités peuvent être déployées en 48 heures en cas de crise.

Pour l'Otan, il est impératif d'améliorer ses capacités de compréhension et d'évaluation en cas de tensions soudaines en son sein ou à ses frontières. Les canaux d'information dans la société civile et les contacts officiels de l'UE, qui facilite par exemple des pourparlers sur le gaz entre Kiev et Moscou, peuvent y contribuer, selon un diplomate.

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