Etat islamique : Quelle stratégie pour Obama ?

10/09/14 à 18:25 - Mise à jour à 18:25

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé mercredi à Bagdad que les jihadistes de l'Etat islamique (EI) allaient être vaincus par la coalition internationale dont la stratégie sera dévoilée en soirée par le président Obama.

Etat islamique : Quelle stratégie pour Obama ?

/ © Reuters

Le président américain s'apprêterait à autoriser des frappes aériennes contre les combattants de l'EI en Syrie, comme les Etats-Unis le font déjà dans le nord de l'Irak, selon le New York Times et le Washington Post. M. Obama prononcera son allocution solennelle à la Maison Blanche mercredi soir (03H00 HB jeudi), soit la veille du 13e anniversaire des attentats du 11-Septembre. "Nous savons tous (...) qu'en définitif, notre coalition internationale réussira à éliminer la menace en Irak, dans la région et dans le monde", a affirmé sans attendre le secrétaire d'Etat John Kerry. Les Etats-Unis ont pris ces dernières semaines la tête des efforts internationaux pour contrer la menace grandissante posée par l'EI, qui multiplie les exactions dans les régions conquises en Irak et en Syrie. Ils ont reçu l'appui de nombreux pays, comme la France, dont le président François Hollande se rendra vendredi à Bagdad avant d'organiser lundi à Paris une conférence sur l'Irak. En entamant mercredi une nouvelle tournée au Moyen-Orient, M. Kerry s'est fixé comme objectif de convaincre et rallier un maximum de pays de la région. Il a débuté son voyage par une étape non annoncée à Bagdad, où il a félicité le nouveau Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi pour son "engagement" à combattre l'EI et à entreprendre des réformes "nécessaires" pour impliquer toutes les communautés d'Irak. Sa visite a été marquée par un double attentat qui a fait au moins 19 morts à Bagdad. M. Abadi lui a affirmé que son pays était résolu à combattre ce "cancer" que représente l'EI. Mais, a-t-il insisté, la communauté internationale a aussi "la responsabilité de protéger l'Irak et la région toute entière" de "cette organisation terroriste". Les Etats-Unis vont notamment aider Bagdad à "reconstituer et entraîner", selon M. Kerry, l'armée fédérale, récemment mise en déroute par l'EI dans le nord de l'Irak. Mais, a-t-il précisé, les stratégies seront "différentes" de celles suivies ces dernières années et elle seront conduites avec l'aide des Etats-Unis mais aussi "d'autres pays". Après Bagdad, M. Kerry se rendra mercredi soir à Amman puis jeudi à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite. Il y rencontrera les chefs de la diplomatie des six monarchies arabes du Golfe ainsi que des représentants d'Irak, de Jordanie, d'Egypte et de Turquie. Il s'agit de mettre sur pied "la plus large coalition possible de partenaires (...) afin de faire face, d'affaiblir et au final de vaincre l'EI", a expliqué M. Kerry. Et "presque tous les pays ont un rôle à jouer pour éliminer le mal qu'il représente". Les Américains veulent notamment obtenir le soutien des monarchies du Golfe qui, après avoir été accusées de financer des groupes radicaux, ont pris récemment conscience de la menace que représente l'EI pour leur propre stabilité. En Syrie, un important groupe rebelle islamiste, Ahrar al-Cham, a nommé mercredi une nouvelle direction au lendemain d'un attentat non revendiqué ayant tué au moins 47 de ses chefs politiques et militaires à Idleb (nord-ouest). Cet attentat, provoqué par une bombe placée dans le couloir menant à la salle où se tenait la réunion, a notamment tué le chef charismatique du groupe, Hassan Abboud, connu sous le nom d'Abou Abdallah al-Hamawi. L'élimination de la direction de ce mouvement devrait entraîner une recomposition de la rébellion, car le Front islamique, dont Ahrar al-Cham était la principale composante, combat non seulement les forces du régime, mais aussi l'EI.

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