Et Erdogan, l'ennemi juré d'internet, se mit à gazouiller sur Twitter...

09/02/15 à 18:04 - Mise à jour à 18:04

Source: Belga

Le chef de l'Etat islamo-conservateur turc serait-il finalement convaincu de l'utilité des réseaux sociaux? Connu pour ses féroces diatribes anti-Twitter, Recep Tayyip Erdogan a composé lui-même lundi son premier message en 140 signes, contre le tabac.

Et Erdogan, l'ennemi juré d'internet, se mit à gazouiller sur Twitter...

© REUTERS

"Faites preuve de volonté contre ce poison et înecédezpasàlacigarette RTE", explique le gazouillis présidentiel écrit à l'occasion de la journée nationale antitabac en Turquie. Ce message a été publié sur un compte (RT_Erdogan) jusque-là utilisé par des partisans de M. Erdogan mais dont les services de la présidence ont officiellement repris le contrôle pour en faire celui du maître du pays.

"Le compte vient juste d'être ouvert. C'est le compte personnel de son excellence. Les tweets qu'il rédige lui-même seront signés +RTE+. Les tweets rédigés par son équipe seront publiés sans signature", a expliqué le directeur de la communication présidentielle, Mucahit Kucukyilmaz, à l'agence de presse gouvernementale Anatolie.

Ce tweet a plongé dans un abîme de perplexité la "toile" turque, habituée aux sorties virulentes de son auteur contre les réseaux sociaux.

Lors de la fronde antigouvernementale de juin 2013, M. Erdogan avait qualifié Twitter de "fauteur de troubles". "Je n'aime pas tweeter", avait-il renchéri en août dernier, comparant le site de microblogging à "un couteau dans la main d'un meurtrier".

L'an dernier, il avait joint le geste à la parole en ordonnant le blocage momentané de Twitter et Facebook pour éviter la diffusion d'accusations de corruption. Son directeur de la communication n'a pas précisé les causes du revirement du président.

Le Parlement turc, où le parti de M. Erdogan dispose de la majorité absolue, doit bientôt examiner un texte de loi qui autoriserait les ministres à fermer un site internet sans décision de justice, au nom de la sécurité nationale et de la protection de la vie privée.

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