Espagne: Rajoy insiste sur la nécessité d'une alliance avec les socialistes

05/01/16 à 11:07 - Mise à jour à 11:06

Source: Afp

Le chef du gouvernement conservateur sortant en Espagne, Mariano Rajoy, a insisté mardi sur la nécessité de s'allier avec l'opposition socialiste et le parti centriste Ciudadanos pour former un gouvernement, assurant qu'il poursuivait encore cette voie en dépit d'un premier refus essuyé fin décembre.

Espagne: Rajoy insiste sur la nécessité d'une alliance avec les socialistes

Mariano Rajoy © Reuters

"Il n'y a pas d'autre option politique", a répondu Mariano Rajoy à la radio Cope alors qu'on l'interrogeait sur cette alliance avec Pedro Sanchez, chef de l'opposition socialiste, qui l'avait traité de "menteur" pendant la campagne.

Lors des élections législatives du 20 décembre, le Parti populaire (PP, droite) du chef du gouvernement, au pouvoir depuis la fin 2011, a obtenu 123 sièges, 63 de moins qu'en 2011.

Avec 28,72% des voix, contre 22% pour les socialistes (90 sièges) et environ 20,6% pour la formation de gauche radicale Podemos et ses alliés (69 sièges), il doit forcément chercher des alliances ou obtenir la neutralité bienveillante des socialistes pour gouverner.

Trois jours après le scrutin, M. Rajoy avait donc proposé une grande alliance aux socialistes du PSOE et au parti de centre libéral Ciudadanos (40 sièges), pour faire barrage à l'"instabilité" incarnée selon lui par Podemos.

Le Parti socialiste assure qu'il ne soutiendra pas le PP et laisse planer l'hypothèse d'une grande alliance à gauche intégrant Podemos, pour l'instant impossible, Podemos exigeant un référendum d'autodétermination en Catalogne auquel les socialistes sont fermement opposés.

"En Europe, il y a des coalitions dans la plupart des pays", a encore plaidé Mariano Rajoy mardi, évoquant notamment l'exemple de la Belgique, de l'Allemagne et de l'Autriche.

Après plus de 30 ans d'alternance au pouvoir de deux grands partis, le PP et le PSOE, "en Espagne, même si cela n'a pas été comme cela, nous devons commencer à nous habituer", a souligné M. Rajoy.

Il a défendu sa proposition de gouvernement "soutenu par 200 élus avec tous ces partis qui croient à la constitution espagnole, à une certaine manière de lutter contre le terrorisme, pariant sur l'Europe, la croissance économique, l'emploi, pour l'unité de l'Espagne, présidé par le PP car il a gagné".

M. Rajoy, qui a encore confirmé qu'il ne s'effacera pas au profit d'un autre candidat plus consensuel, devrait en principe tenter l'investiture au courant du mois de janvier après la première session parlementaire prévue le 13 et une fois que le roi Felipe VI lui aura demandé de former un gouvernement.

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