Espagne : la droite remporte la majorité absolue aux législatives

20/11/11 à 21:59 - Mise à jour à 21:59

Source: Le Vif

La droite espagnole a remporté dimanche une large victoire aux élections législatives, le Parti populaire (PP) obtenant la majorité absolue, selon les premiers sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote diffusés par la télévision nationale TVE.

Espagne : la droite remporte la majorité absolue aux législatives

© Reuters

Selon ces sondages, le PP gagnerait 181 à 185 sièges tandis que le Parti socialiste (PSOE), au pouvoir depuis 2004, n'en aurait que 115 à 119.

Cette victoire était attendue dans un pays frappé durement par la crise et le chômage, les mesures d'austérité du gouvernement socialiste l'ayant rendu très impopulaire. Mais le PP a justement fait campagne sur de nouvelles mesures de rigueur, pour permettre au pays de réduire son déficit public et de rassurer ainsi les marchés financiers, qui doutent depuis des mois de la solidité du pays.

Parmi les autres partis, le parti nationaliste catalan CiU (Convergencia i Unio) gagnerait 13 à 15 sièges tandis que la coalition écolo-communiste IU (Izquierda Unida) en aurait 9 à 11. Cette dernière formation, qui n'avait jusque-là que deux députés, pouvait espérer faire une percée à ces élections, en écho au mouvement de protestation des "indignés" qui s'est développé dans le pays ces derniers mois, exprimant un large désaveu envers les grands partis.

Enfin, toujours selon ce sondage, la coalition indépendantiste basque Amaiur, issue de la mouvance Batasuna, bras politique de l'ETA illégal depuis 2003, fait son entrée au Parlement espagnol, avec 6 à 7 sièges.

Rajoy veut un "effort solidaire" pour "faire la guerre à la crise"

Mariano Rajoy, le chef de la droite espagnole a promis un "effort solidaire" pour "faire la guerre à la crise", mais a reconnu qu'"il n'allait pas y avoir de miracle" face à une situation économique très difficile.

"Ce n'est un secret pour personne que nous allons gouverner dans la conjoncture la plus délicate pour l'Espagne de ces 30 dernières années, mais je veux dire à tous les Espagnols que l'engagement que nous prenons avec vous nous allons le respecter totalement, et nous allons le respecter pour tous", a-t-il déclaré.

"Je n'aurai pas d'autre ennemi que la crise économique", mais aussi "le chômage, le déficit, la dette excessive, la stagnation économique et tout ce qui maintient ce pays dans une situation critique", a-t-il assuré, alors que le Parti populaire (PP) a obtenu dimanche son meilleur résultat depuis le retour à la démocratie à la fin des années 1970.

Cette victoire était attendue dans un pays frappé durement par la crise et le chômage, les mesures d'austérité du gouvernement socialiste, au pouvoir depuis 2004, ayant rendu ce dernier très impopulaire.

Mais le PP a justement fait campagne sur de nouvelles mesures de rigueur, pour permettre à l'Espagne de réduire son déficit public et de rassurer ainsi les marchés financiers, qui doutent depuis des mois de la solidité du pays.

LeVif.be, avec Belga.

Mais qui Mariano Rajoy ?

"Avec un type comme ça, ils ne gagneront jamais les élections", avait glissé le président français Nicolas Sarkozy à un proche, en sortant d'une entrevue avec le leader du Parti populaire, lors d'une visite à Madrid, il y a quelques années. Rien ne pouvait lui être plus étranger que le style de Mariano Rajoy. A 56 ans, et avec cet air désuet qui colle si bien à son prénom, Rajoy est un haut fonctionnaire au service des hypothèques à l'allure de notable de province.

Marié sur le tard, lui-même se décrit comme un homme sensé, prudent, modéré, supporter du Real Madrid, incollable en cyclisme et marcheur impénitent. Ses amis apprécient ses goûts simples, sa fidélité et son attachement à sa Galice natale.

Ses adversaires ajoutent qu'il suinte l'ennui. Lui en ferait presque une vertu. "Je suis un homme prévisible", aime-t-il répéter. Ministre de tous les gouvernements de José Maria Aznar, qui l'a mis en orbite et l'a choisi pour être son dauphin, Rajoy attend son heure depuis huit ans. Entre-temps, il a perdu deux fois les législatives, subi une insurrection au sein de son propre parti, en a repris le contrôle et a vaincu. Sans charisme et sans éclat. A l'usure.

C. TH.

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