Espagne: l'opposition ne soutient toujours pas un gouvernement conservateur

26/09/16 à 18:28 - Mise à jour à 18:27

Source: Afp

Le chef du Parti socialiste espagnol Pedro Sanchez a annoncé lundi qu'il maintenait son opposition à un gouvernement conservateur formé par Mariano Rajoy, après neuf mois de blocage politique du pays.

Espagne: l'opposition ne soutient toujours pas un gouvernement conservateur

Pedro Sanchez © AFP

"Le 'non' à Monsieur Rajoy.... n'a jamais été aussi justifié", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse où il a expliqué ne pas avoir changé de position malgré l'échec de son parti lors d'élections régionales dimanche.

M. Sanchez a indiqué qu'il souhaitait encore former un gouvernement alternatif avec les partis de "changement": Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (centre).

Je défends un "projet de gauche" différencié du Parti populaire de Mariano Rajoy, a-t-il dit en expliquant sa position par le refus de transformer sa formation en un "parti subalterne" des conservateurs, au pouvoir depuis 2011.

La droite dispose désormais de 137 élus sur 350 au parlement et le Parti socialiste, 85. Or, sans l'abstention des députés socialistes, M. Rajoy ne peut gouverner car il affronte aussi l'opposition de Unidos Podemos (gauche radicale, 71 élus) et des partis nationalistes et indépendantistes de Catalogne (nord-est) et du Pays basque (nord).

Pedro Sanchez fait face à la fronde d'une partie des dirigeants socialistes régionaux opposés à cette stratégie, et qui souhaitent que le PSOE s'abstienne pour mettre fin à la paralysie politique du pays, sans nouveau gouvernement depuis fin décembre 2015.

Le socialiste a admis qu'il existait "un débat profond" au sein de son parti sur cette question et a annoncé qu'il ferait valider sa position par le comité fédéral du parti, c'est-à-dire son organe exécutif, samedi.

M. Sanchez, persuadé qu'il dispose du soutien des militants, a annoncé aussi qu'il souhaitait organiser des primaires pour remettre son mandat en jeu le 23 octobre.

Seulement une semaine plus tard, le 31 octobre, expire le délai au-delà duquel le roi Felipe VI devra dissoudre le parlement et convoquer de "troisièmes élections" en moins d'un an, faute d'accord entre les partis pour investir un nouveau gouvernement.

Mais Pedro Sanchez a considéré qu'il pourrait mener de front les discussions en vue de former un gouvernement alternatif et une campagne pour rester secrétaire général.

"Il y a assez de temps pour que le débat ait lieu (....) et que nous formions un gouvernement alternatif", a-t-il déclaré.

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