Enfant de ... une vie pas si rose

29/10/11 à 11:15 - Mise à jour à 11:15

Source: Le Vif

La vie des enfants de ceux qui nous gouvernent paraît enviable. Vraiment ? En France, où vient de naître Giulia Sarkozy, comme ailleurs, tout n'est pas rose pour les fils et filles de...

Enfant de ... une vie pas si rose

© EPA

Il faut avoir la peau dure pour supporter cette vie, et la leur est si tendre encore. Il faut avoir la peau dure pour supporter les moqueries, le mépris, les faux amis, la brutalité des médias, l'absence, le soir, au repas. Qui voudrait de cette enfance-là? Fils et fille d'homme politique, ils ont souvent vécu un chemin de croix. Derrière l'éclat du pouvoir et les ors des palais, la solitude et le silence minent le chemin de la descendance.

Longtemps mis en avant le troisième fils de Sarkozy, 14 ans aujourd'hui, aura été mis en scène, couvé par des gardes du corps, mis l'écart de ses congénères, raillé, menacé de mort par téléphone ou encore vu le récit du divorce de ses parents étalé dans la presse, les petitesses de l'un et les mesquineries de l'autre révélées au grand jour.

Carla Bruni l'a juré, on ne verra pas petite dernière dans la presse. Pas de cliché d'un bébé sur les genoux de son papa attendri, pas de photo d'un bambin sous le bureau, façon John John Kennedy. Touché au coeur par le désamour des Français, abîmé dans les sondages, Nicolas Sarkozy tiendra-t-il la promesse de sa femme?

Walter Kohl : au-delà du bonheur affiché, l'enfer

Le fils d'Helmut Kohl, Walter a accusé son père cet été, dans un livre témoignage devenu un best-seller, de lui avoir "volé [son] enfance".

Au-delà du bonheur affiché, l'enfer. En apparence, régulièrement mise en scène pour un électorat chrétien-démocrate attaché aux mêmes valeurs, une famille idéale: des vacances sur les rives d'un lac autrichien, deux gamins dans un bateau gonflable en train de jouer avec un père aimant. En réalité, un aîné qui se décrit comme le souffre-douleur systématique de ses camarades dès qu'ils apprennent son nom, au point d'être passé à tabac plusieurs fois dans la cour de l'école, et menacé au tesson de bouteille dans le club de foot où il vient s'inscrire. Pour tout réconfort, un "Fais face!" paternel sec et sans appel. "La patrie de mon père, c'est la politique, la vraie famille de mon père s'appelle CDU, pas Kohl, écrit Walter. Chaque petit garçon rêve d'un père avec lequel il peut explorer le monde, qui l'emmène camper ou jouer au foot. Un père qui est là pour lui. Je n'ai jamais réussi à avoir une vraie relation avec lui."

George Bush Junior , le revenant


De l'autre côté de l'Atlantique, les mêmes causes conduisent aux mêmes effets. George Bush Junior, petit-fils d'un sénateur et fils d'un président, est un revenant: ancien ivrogne, ex-cocaïnomane, il a commencé par multiplier les échecs professionnels, écrasé par la réussite d'un père qui n'a jamais caché le peu d'estime que lui inspirait son rejeton. Planqué pendant la guerre du Vietnam, il échoue dans le pétrole, puis rate un fauteuil au Congrès en 1978. Plus tard, même son élection triomphale au poste de gouverneur du Texas en 1994 ne lui attire pas la bienveillance de Bush Senior, tout à la tristesse d'avoir vu échouer son fils préféré, Jeb, candidat en Floride: "Papa n'a retenu que la défaite de Jeb, confie Bush Jr. à sa tante après avoir eu son père au téléphone. J'ai eu l'impression qu'il n'avait pas entendu que j'avais gagné."

Dans sa chute, le quadragénaire semble avoir rencontré mieux qu'un père - il a croisé la route de Dieu: "Si je suis à la Maison-Blanche et pas écroulé dans un bar, c'est à ma foi que je le dois", dira, en 2001, le chef de l'État américain. Ses jumelles, que la grâce ne paraît pas avoir touchées, connaîtront de semblables avanies pendant le double mandat de leur père, arrêtées à plusieurs reprises dans un état d'ébriété avancée après avoir réussi à semer leurs officiers de sécurité. Pour le plus grand bonheur de la rubrique people des médias américains, à qui Bush Jr. avait pourtant interdit d'approcher ses deux filles pendant la campagne électorale...

La presse, le cauchemar des parents en général et des politiques en particulier La presse, le cauchemar des parents en général et des politiques en particulier lorsque le contrôle leur en échappe! En juillet dernier, au moment de la chute d'une partie de l'empire Murdoch, l'ex-Premier ministre britannique Gordon Brown a raconté qu'il avait éclaté en sanglots, quatre ans plus tôt, lorsque le tabloïd The Sun l'avait appelé pour le prévenir qu'un article allait révéler la mucoviscidose de son bébé de 4 mois.

La loi de ce côté de la manche est plus protectrice. Lorsque leurs enfants apparaissent en photo, c'est, presque chaque fois, parce que les parents les mettent en scène. Il est vrai que le cliché d'un papa tendrement penché sur son bébé, c'est si tentant...

LeVif.be avec L'Express.fr

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