En Irak, l'enfance en terrain miné

26/07/17 à 10:30 - Mise à jour à 10:33
Du Le Vif/L'Express du 14/07/17

Victimes par milliers, exode massif, destructions : les civils, à commencer par les plus jeunes, paient un lourd tribut à la libération de Mossoul, proclamée le 9 juillet. Comment soigner les corps et les âmes ?

Il passe en une fraction de seconde du rire aux larmes, de l'enjouement à la frayeur. Tantôt, Abdel Rahman, 12 ans, se tord les doigts ou plaque sur son crâne d'enfant des mains fébriles, tantôt il enserre le bras de Mohammed, le kinésithérapeute de l'ONG Handicap international (HI), penché sur ce qui reste de sa cuisse droite. " Tu vas toucher ça ? ", lance-t-il d'une voix craintive quand le kiné entreprend de nettoyer la cicatrice, délestée la veille de ses agrafes. Puis, le jeune Irakien, allongé sous cette tente en demi-lune du camp de déplacés d'Hassansham, entre Mossoul et Erbil, enfile les gants de chirurgien qu'on lui tend pour aider le robuste soignant à emmailloter son moignon dans un bandage élastique. La séance d'exercices peut commencer. Sur le dos, sur le flanc, à plat ventre, Abdel Rahman actionne en serrant les dents le membre amputé au-dessus du genou. Vient ensuite le moment de s'échiner à se tenir debout tant bien que mal. Tel un échassier malhabile, le mince préado, redevenu gouailleur, vacille mais finit par y parvenir, aiguillonné par les " Yallah ! " (en avant !) et les " Mumtaz ! " (bravo !) de ses proches. Reste à empoigner les béquilles, histoire de travailler la progression, le demi-tour, puis, enfin, la chute contrôlée sur un matelas de mousse.
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