En Grèce, les jeunes veulent punir les deux grands partis

05/05/12 à 12:02 - Mise à jour à 12:02

Source: Le Vif

Le 6 mai, les électeurs grecs sont appelés aux urnes afin d'élire leurs députés. Durement touchés par la crise, les moins de 30 ans semblent déterminés à punir les formations politiques au pouvoir, le PASOK et la Nouvelle Démocratie.

En Grèce, les jeunes veulent punir les deux grands partis

© Reuters

Les électeurs grecs sont aussi appelés aux urnes le 6 mai, afin d'élire leurs députés. Durement touchés par la crise, les moins de 30 ans semblent déterminés à punir les formations politiques au pouvoir, le PASOK (parti socialiste) et la Nouvelle Démocratie (droite).

Devant les grilles de l'établissement de la rue Michaïl Voda, dans le centre d'Athènes, les lycéens chahutent et discutent du scrutin de dimanche. Certains vont voter pour la première fois. C'est le cas de Spiros Gorpas, 18 ans, qui s'est engagé dans la campagne de Panos Kammenos. Exclu de la Nouvelle Démocratie, en février dernier, pour avoir refusé d'approuver les mesures d'austérité, ce député a formé son propre mouvement, Les Grecs indépendants. " J'ai été séduit par les mesures nationalistes proposées par ce parti, explique Spiros. Notre pays perd sa richesse. Il faut des députés qui s'opposent aux mesures de rigueur et qui appellent à stimuler la production".

Le choix de son camarade, Alexis Vassiliadis, surprend davantage: il va voter pour L'Aube dorée (Chryssi Avgi), parti néo-nazi, qui devrait faire son entrée au parlement, trente-huit ans après la chute de la dictature (1967-1974). "Les deux grands mouvements ne proposent rien de nouveau, alors que L'Aube dorée si !" s'exclame le lycéen, pourtant d'origine égyptienne. Même s'il admet que "leur idée de placer des mines antipersonnelles le long de la frontière avec la Turquie semble extrême", il est pour un "arrêt de l'immigration illégale". Dans cette école, 8 élèves sur 10 sont issus de l'immigration. Dimitra Youkroussi, leur professeur d'économie, explique que "ces enfants immigrés de deuxième génération veulent à tout prix s'intégrer à la société grecque et s'en sortir ici, malgré la situation économique du pays. C'est pour cette raison que certains vont porter leurs voix sur ce parti qui promet des changements".

"Dégoûté par le clientélisme du PASOK"

A quelques mètres de là s'étend le quartier bohème d'Exarchia. Dans ce berceau de la contestation, de nombreux jeunes sont politisés à gauche. Giorgos Andonopoulos, 29 ans, est militant au sein d'"Antarsia", parti qui rassemble différentes mouvances communistes. Etudiant, il votait pour le PASOK (socialiste), mais "dégoûté par son clientélisme", il s'oriente désormais vers des petites organisations de gauche, qui prônent le renversement du système: "Ce suffrage n'apportera pas de grands bouleversements, affirme-t-il. S'il n'y a pas un mouvement de résistance populaire, l'avenir de la Grèce me paraît bien noir".
Valia Makris, 25 ans, a son diplôme d'orthophoniste en poche depuis un an, mais ne trouve toujours pas de travail. Alors, elle envisage de partir en Grande-Bretagne: "Je ne suis pas encore sûre de mon choix pour dimanche, confie-t-elle. Une chose est sûre: je ne voterai pas pour les partis au pouvoir !". Maria T. , 28 ans, diplômé d'archéologie, "galère" elle aussi et enchaîne les petits boulots. "Je ne voterai pas, dit-elle, car ces élections sont une parodie de participation démocratique. Quoi qu'il arrive, les mêmes mesures de rigueur seront prises".

Par colère ou désillusion, de nombreux jeunes Grecs voteront, dimanche, pour les petits partis. La génération montante n'adhère plus au discours des deux grandes formations politiques traditionnelles. Et semble décidée à les priver de la majorité au Parlement.

De notre envoyée spéciale Marina Rafenberg,L'Express

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