Empêtrée dans le scandale des violences conjugales, la Maison Blanche riposte

11/02/18 à 18:37 - Mise à jour à 18:36

Source: Afp

Plusieurs responsables de la Maison Blanche ont défendu dimanche la gestion par l'exécutif des scandales de violences conjugales ayant entraîné la démission de deux collaborateurs cette semaine, au lendemain d'une déclaration de Donald Trump évoquant des vies "détruites" par des accusations infondées.

Empêtrée dans le scandale des violences conjugales, la Maison Blanche riposte

© REUTERS

"Je pense que le président, comme nous tous, a été choqué et perturbé par ces accusations", a déclaré sur ABC Kellyanne Conway, conseillère de M. Trump, au sujet de Rob Porter qui a été contraint de démissionner mercredi de son poste de secrétaire du personnel de la Maison Blanche.

Il est accusé par deux ex-épouses d'agressions physiques et d'abus psychologiques, ce qu'il nie.

"Je n'ai aucune raison de ne pas croire les femmes", a ajouté Mme Conway, cette fois sur CNN. "Ce n'est pas le Rob Porter avec lequel nous avons travaillé à la Maison Blanche mais une fois que vous avez vu les accusations, les preuves, discuté avec (la police fédérale) FBI, c'était très clair et il a démissionné très rapidement".

"Nous laissons le bénéfice du doute aux gens", a-t-elle dit pour justifier le soutien prolongé de l'exécutif à M. Porter, assurant que le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly "n'a eu pleinement connaissance (de l'ampleur des accusations) qu'en même temps que nous tous lorsqu'il a vu les articles".

Même le directeur juridique de l'exécutif Marc Short était de sortie dimanche matin, sur le plateau de NBC, pour promouvoir M. Kelly, sur la sellette. Plusieurs médias affirment qu'il connaissait les détails depuis novembre.

"Le général Kelly a appris l'ampleur de la nature des accusations mardi soir, M. Porter a présenté sa démission mercredi matin", a souligné M. Short, relevant que le quadragénaire "a fait du bon travail (...) mais il ne peut y avoir aucune tolérance pour les violences domestiques, aucune tolérance pour la violence contre les femmes".

A l'instar du porte-parole adjoint Raj Shah qui reconnaissait jeudi que la Maison Blanche aurait pu mieux gérer cette affaire, M. Short a évoqué un "probable manque de communication entre différents rouages" de l'exécutif.

Le New York Times affirmait vendredi soir que le président était furieux contre John Kelly et qu'il lui cherchait un successeur.

- 'Confiance' en Kelly -

Selon le journal, parmi les candidats envisagés figurent Mick Mulvaney, directeur du budget de la Maison Blanche; Gary D. Cohn, conseiller économique du président; Kevin McCarthy, chef de la majorité de la Chambre des représentants, ou encore l'homme d'affaires Thomas J. Barrack Jr, un proche de M. Trump.

Mme Conway a précisé que le milliardaire républicain lui avait demandé samedi soir de dire qu'il avait "toute confiance" en M. Kelly et qu'il "ne cherche pas activement de remplaçant".

Interrogé sur Fox News, M. Mulvaney a affirmé ne pas avoir parlé avec M. Kelly de son poste. "Je ne pense pas que ce soit un problème", a-t-il relevé, expliquant que l'atmosphère à la Maison Blanche est "très calme".

Mais le scandale a enflé avec la démission vendredi d'un second employé, également accusé de violences conjugales. David Sorensen, chargé de la rédaction des discours, nie lui aussi les accusations de son ex-femme.

Et encore davantage lorsque le président a semblé de nouveau apporter son soutien aux accusés, sans même avoir de mots pour les victimes.

"Des gens voient leur vie détruite et brisée par de simples accusations. Certaines sont vraies et certaines sont fausses. Certaines sont vieilles et certaines sont récentes", a-t-il tweeté samedi.

Ce tweet est à prendre comme un commentaire "au sens large", selon Mme Conway.

M. Trump pense-t-il que Rob Porter soit innocent? Il "est très perturbé par ce qui est arrivé à Rob, il est déçu et je pense qu'il estime que la démission est appropriée", a répondu M. Short.

Le président s'est déjà attiré de vives critiques en soutenant notamment Roy Moore, candidat républicain malheureux à une élection sénatoriale et accusé d'agressions sexuelles sur mineure, ou encore le journaliste Bill O'Reilly, licencié de Fox News après des accusations de "relation sexuelle non consentie".

Donald Trump, lui-même accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes, a été enregistré en 2005 tenant des propos crus sur la façon dont il traite les femmes.

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