Embargo russe : Athènes blâme le manque de solidarité de la Turquie

10/08/14 à 12:43 - Mise à jour à 12:43

Source: Le Vif

La Grèce a critiqué dimanche, sans la nommer, le manque de solidarité avec les pays européens touchés par l'embargo russe de la Turquie, accusée de "profiter" de la situation pour renforcer ses positions commerciales.

Embargo russe : Athènes blâme le manque de solidarité de la Turquie

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"L'Union européenne et nos partenaires euroatlantiques doivent rapidement réaliser qu'il n'est pas possible que des candidats à l'entrée dans l'UE, membres de l'Alliance, s'offrent une participation à la carte à la politique européenne et profitent du coût supporté par les Etats-membres", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Evangelos Venizelos dans un communiqué consacré à l'embargo russe.

Le ministre a par ailleurs annoncé que la Grèce s'efforcerait d'indemniser les producteurs nationaux qui subiraient des pertes commerciales liées à l'embargo russe.

Si le marché russe ne représente, selon le ministère du Développement économique, que 1,5% de l'ensemble des exportations grecques, il s'agit d'un des principaux débouchés des producteurs de fruits et légumes.

Les producteurs de pêches et de nectarines des régions de Pella et d'Imathia, dans le nord-ouest de la Grèce, exportent environ la moitié de leur production vers la Russie. Leurs représentants ont indiqué ce week-end à l'agence de presse grecque ANA que les importateurs russes avaient d'ores et déjà renoncé à leurs commandes et que 9.000 de tonnes de pêches s'accumulaient dans les frigos des coopératives de la région.

Fraises, kiwis, poires, oranges et citrons de Grèce prennent aussi en grande quantité la direction de la Russie, à d'autres périodes de l'année.

Les producteur grecs de fourrure, traditionnellement implantés dans le nord du pays, réalisent par ailleurs un quart de leurs exportations vers la Russie.

Les exportations sont un outil clef dans les efforts de la Grèce pour se relever de six années d'une récession qui s'est enracinée dans la crise des dettes souveraines. Athènes table sur un retour à un PIB en faible croissance en 2014 (0,6%).

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