Elio Di Rupo : "Ce serait une erreur d'opposer la rigueur à la relance"

24/05/12 à 10:11 - Mise à jour à 10:11

Source: Le Vif

Hier soir et cette nuit, les dirigeants européens se sont réunis lors d'un sommet informel à Bruxelles pour donner l'occasion à chaque pays de s'exprimer sur une solution de sortie de crise.

Elio Di Rupo : "Ce serait une erreur d'opposer la rigueur à la relance"

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Tentant de résumer un échange d'idées informel, Elio Di Rupo s'en est tenu au consensus souvent martelé par les institutions de l'UE, selon lequel l'assainissement budgétaire ne peut être dissocié d'une politique modérée de relance. "Ce serait une erreur d'opposer la rigueur à la relance", a affirmé le Premier ministre belge à l'issue d'un dîner des chefs d'État et de gouvernement européens consacré à la croissance.

Il a rappelé les différentes pistes de financement en discussion : "eurobonds", "project bonds", recapitalisation de la Banque européenne d'investissement, implication accrue de la Banque centrale européenne, dont aucune n'a été adoptée mercredi soir. "Ce n'était pas une réunion de décision. Aujourd'hui, l'objectif était de permettre à chaque pays de s'exprimer", a précisé Elio Di Rupo.

Au nom de la Belgique, le Premier ministre a défendu l'émission d'euro-obligations, mais aussi une taxe sur les transactions financières, "un minimum d'harmonisation fiscale" et une plus grande régulation du secteur financier, dont le poids représente désormais une part importante du PIB des États, a-t-il souligné.

Il a aussi insisté sur l'importance du financement de l'économie réelle, et notamment des PME. Ces mesures de relance doivent être liées à la poursuite de l'effort d'assainissement et des réformes structurelles. "La Belgique est tout à fait dans cette dynamique", a-t-il dit.

Une discussion "équilibrée"

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que la question de la création d'euro-obligations, qu'elle rejette alors que la France la souhaite, a donné lieu à un débat "équilibré".

"J'ai expliqué ma position allemande", et le président français François Hollande "s'est exprimé comme il l'avait annoncé, mais ça a été une discussion très différenciée", a jugé Angela Merkel.

Le président français François Hollande a demandé pour sa part que la "perspective" des euro-obligations soit "inscrite" au menu de l'Union européenne en vue du sommet de fin juin, comme une "étape supplémentaire de l'intégration" européenne.

Il a expliqué avoir "une autre conception" que la chancelière allemande Angela Merkel, qui "ne considère pas les eurobonds comme un élément de croissance, mais comme une perspective lointaine d'intégration".

Les 27 veulent qu'Athènes reste dans l'euro

L'Union européenne veut que la Grèce reste dans l'euro et respecte ses engagements à l'issue des élections de juin. Les dirigeants des 27 États membres ont adopté un "texte" commun sur la crise grecque, a annoncé le président français. "Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro et respecte ses engagements", a déclaré le président de l'UE Herman Van Rompuy en lisant ce texte.

La chancelière allemande Angela Merkel a fait du respect des engagements, notamment la réduction des déficits et les réformes structurelles, un "préalable" au maintien d'Athènes dans la monnaie unique.

Herman Van Rompuy a rappelé à la fois "les efforts importants faits par les citoyens grecs" et "la solidarité considérable" de la zone euro, qui a "déboursé, avec le FMI, près de 150 milliards d'euros pour soutenir la Grèce depuis 2010".

"Poursuivre les réformes cruciales pour revenir à une dette soutenable, encourager les investissements privés et renforcer les institutions (de la Grèce) sont les meilleures garanties d'un avenir meilleur au sein de la zone euro" et "nous espérons qu'après les élections, le nouveau gouvernement grec fera ce choix", a conclu Herman Van Rompuy.

"Nous respectons le processus démocratique en Grèce", a ajouté de son côté le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. "Laissons les Grecs s'exprimer le 17 juin" lors des élections législatives, a-t-il exhorté. "Mais il est également important de noter qu'aujourd'hui, le Conseil européen a envoyé un message clair à la Grèce : nous voulons qu'elle reste dans la zone euro, nous la soutenons, et nous attendons évidemment de la Grèce qu'elle respecte ses engagements", a-t-il dit.

Selon la déclaration, "des financements et des instruments sont mobilisés pour ramener la Grèce sur le chemin de la croissance et de la création d'emploi". "Nous avons proposé de tout faire pour utiliser les possibilités des fonds structurels pour aider la Grèce, donc un message positif", a précisé Angela Merkel.

François Hollande a "plaidé" pour que ces fonds structurels "puissent être rapidement mobilisés pour que la croissance de la Grèce puisse être encouragée dans un délai très court". Cela doit selon lui permettre aux "électeurs grecs" d'avoir "confiance dans la solidarité de la zone euro" et "qu'ils puissent se dire qu'ils ont des obligations à respecter, mais aussi des perspectives".

Le Vif.be, avec Belga

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