Élections tests dans le Doubs: les clés du match PS-FN aux mains des UMP et des abstentionnistes

08/02/15 à 12:47 - Mise à jour à 12:47

Source: Belga

Un mois après les attentats de Paris, le Parti socialiste au pouvoir part favori dimanche dans l'est de la France d'un test électoral serré face à l'extrême droite en embuscade, dont les progrès déchirent l'opposition de droite dirigée par l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Élections tests dans le Doubs: les clés du match PS-FN aux mains des UMP et des abstentionnistes

/ © AFP

Un sondage publié jeudi anticipe une victoire de la gauche à cette législative partielle, organisée dans une circonscription industrielle du Doubs pour désigner le successeur à l'Assemblée nationale de l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, parti à Bruxelles. Le candidat PS, Frédéric Barbier, y est donné gagnant, avec 53% d'intentions de vote contre 47% pour son adversaire du Front national, l'eurodéputée Sophie Montel, arrivée en tête au premier tour dimanche dernier.

Symbolique à plus d'un titre, la confrontation a été érigée en test par l'ensemble de la classe politique, à l'approche d'importantes élections départementales fin mars.

Un succès socialiste interromprait une spirale de défaites pour le parti du président François Hollande, battu dans les 13 élections partielles organisées depuis le début de son quinquennat en 2012. Il concrétiserait un regain de popularité de l'exécutif depuis les attentats sanglants qui ont fait 17 morts à Paris début janvier, même si la cote de M. Hollande, plombé par ses mauvais résultats économiques, reste très basse, selon un sondage publié dimanche.

A l'inverse, une victoire de la candidate FN offrirait un troisième siège de député, confirmant que le parti d'extrême droite, l'un des plus puissants d'Europe, n'a pas pâti de son positionnement erratique à l'écart de l'unité nationale après les attaques djihadistes. Elle conforterait sa montée en puissance, après ses victoires l'an dernier dans 11 villes aux municipales, ses 24 sièges décrochés aux élections européennes et son entrée historique au Sénat. Un sondage réalisé fin janvier prédit une nouvelle pole position du FN, à 26%, aux départementales de mars. Elle doperait aussi les ambitions de sa chef de file, Marine Le Pen, en tête depuis des mois des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle de 2017.

L'issue du scrutin dimanche dépend en grande partie de l'arbitrage des électeurs de l'UMP, le principal parti de l'opposition de droite à M. Hollande, déchiré sur sa stratégie face à l'extrême droite depuis l'élimination de son candidat au premier tour.

Nicolas Sarkozy, qui peine à s'imposer depuis son retour à la tête de la formation en novembre, a échoué cette semaine à unifier ses troupes autour d'un appel à "dire non au FN" et voter blanc ou socialiste, qualifié par Marine Le Pen de "pas chassé vers le PS". Il a mis en garde contre la menace d'explosion du parti, dont la base est de plus en plus sensible au discours de l'extrême droite.

Le bureau politique de l'UMP a finalement opté pour le maintien de la stratégie abstentionniste du "ni, ni", ni gauche, ni extrême droite, qui est la sienne depuis 2011. "Ce qui nous mine, c'est la confusion entre la gauche et la droite. C'est sur cette confusion que prospère le Front national", a déclaré samedi le secrétaire général de l'UMP, Laurent Wauquiez, campé sur cette ligne.

La vice-présidente du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, et l'ancien Premier ministre Alain Juppé, grand rival à droite de M. Sarkozy pour 2017, ont au contraire appelé à voter socialiste. Sur le terrain, plusieurs élus UMP du Doubs ont eux aussi prôné un barrage au FN.

L'abstention est l'autre clé de l'élection. Elle avait été massive au premier tour (60,5%) dans cette circonscription ouvrière, berceau du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën, durement frappée par le chômage.

Fait rare pour un chef de l'Etat en France, le président Hollande s'est immiscé dans la campagne en critiquant jeudi le refus par l'UMP d'un front républicain derrière le candidat socialiste. Il a rappelé qu'ancien patron du PS en 2002, il n'avait pas "hésité une seule seconde" à soutenir le président gaulliste Jacques Chirac, confronté au deuxième tour de la présidentielle à Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national et père de Marine de Le Pen.

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