Elections Nigéria : les Nigérians élisent leur président, le vote perturbé par des problèmes techniques

28/03/15 à 14:42 - Mise à jour à 19:40

Source: Belga

Les Nigérians se pressaient samedi dans les bureaux de vote pour élire leur président mais le scrutin a pris du retard en raison des défaillances du nouveau système de vote électronique, qui ont entraîné la suspension des opérations dans certains bureaux et leur report à dimanche.

Elections Nigéria : les Nigérians élisent leur président, le vote perturbé par des problèmes techniques

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Boko Haram, qui avait promis de perturber l'élection, a tenu parole. Bien qu'en perte de vitesse, le groupe islamiste, désormais allié à l'organisation terroriste Etat islamique, est soupçonné d'avoir mené plusieurs attaques meurtrières contre des bureaux de vote et des élus locaux.

Samedi, des hommes armés ont abattu sept Nigérians dans quatre villages de l'Etat de Gombe (nord-est), souvent ciblés par les islamistes de Boko Haram par le passé. Dans l'un des cas, un assesseur les a entendus crier: "On ne vous avait pas dit de rester à distance de l'élection ?"

Par ailleurs, un député de l'Etat de Borno (nord-est) a annoncé samedi que 23 villageois avaient été décapités la veille au soir dans la localité de Buratai, vraisemblablement par des islamistes.

Malgré ces attaques meurtrières, les électeurs se sont pressés nombreux aux urnes. Pour cette présidentielle présentée comme la plus disputée depuis l'indépendance, le président sortant, Goodluck Jonathan - un chrétien du sud de 57 ans - brigue un second mandat, face à son principal adversaire, l'ancien général Muhammadu Buhari - un musulman du nord de 72 ans - candidat d'une opposition plus unie que jamais.

Quelque 69 millions d'électeurs - sur 173 millions d'habitants - doivent élire le président, les 109 sénateurs et les 360 représentants du pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de pétrole du continent.

L'organisation technique n'était pourtant pas à la hauteur de cet engouement. Après une matinée consacrée à l'identification des électeurs, les Nigérians devaient déposer leur bulletin dans l'urne à partir de 13h30 (locales, même HB), mais des couacs dans le système de lecteur de cartes biométriques ont causé des retards considérables dans plusieurs régions.

Afin d'éviter les fraudes électorales, très répandues jusqu'ici au Nigeria, la commission électorale indépendante (Inec) avait décidé d'expérimenter pour la première fois ce nouveau système, assurant que l'identification électronique ne prendrait pas plus de dix secondes par électeur.

Malheureusement, cette belle aventure technologique a tourné samedi à la déconfiture. Jonathan Goodluck lui-même a passé plus de trente minutes, avec sa femme Patience, à l'intérieur du bureau de vote de son village natal d'Otuoke, dans l'Etat de Bayelsa (sud), sans parvenir à s'inscrire. Il lui a fallu revenir et s'inscrire manuellement quelque temps après, avant de demander "à tous les Nigérians d'être patients eux aussi".

Des incidents similaires ont été rapportés ailleurs, où la reconnaissance des empreintes a finalement été abandonnée au profit des méthodes traditionnelles. Les difficultés techniques étaient telles que vers 16h00, l'Inec a annoncé qu'elle suspendait les opérations dans les bureaux de vote où la technologie était défaillante et que les électeurs concernés voteraient dimanche. Si le processus d'identification des électeurs "a bien fonctionné dans de nombreux endroits (...), cela a pris plus de temps dans d'autres endroits, et ça n'a même pas commencé" dans certains cas, a confessé le porte-parole de la commission, Chris Yimoga.

Au vu de "l'ampleur du défi observé", a-t-il ajouté, les électeurs qui s'enregistreront dimanche le feront manuellement. Muhammadu Buhari s'est lui enregistré sans difficulté dans le bureau de vote de son fief de Daura, dans l'Etat de Katsina, vêtu d'une ample tunique blanche et d'un petit chapeau typique du nord du Nigeria, majoritairement musulman.

Tôt le matin, de longues files d'attente s'étaient formées devant les bureaux de vote. Certains électeurs ont même raconté avoir passé la nuit sur place. a-vite. "On ne peut pas juste s'attendre à ce qu'on s'assoie et qu'on patiente...

Tout le monde est là et prêt à exercer son droit de vote." A 18h30, certains bureaux avaient fermé mais des Nigérians continuaient à voter, l'Inec n'ayant pas précisé à quelle heure elle suspendait officiellement le scrutin.

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