Elections au Luxembourg: Juncker vire en tête, mais affaibli

20/10/13 à 21:41 - Mise à jour à 21:41

Source: Le Vif

Le parti chrétien-social de Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg depuis plus de 18 ans, est arrivé dimanche en tête des législatives anticipées, mais en perdant 4,6% des voix par rapport à 2009, selon une première estimation.

Elections au Luxembourg: Juncker vire en tête, mais affaibli

© AFP

Selon cette projection réalisée par l'institut TNS pour la télévision RTL, le CSV de M. Juncker obtiendrait 33,4% des suffrages, contre 38% il y a quatre ans, et 23 sièges contre 26, sur un total de 60 sièges mis en jeu. Le parti d'opposition libérale, le DP du maire de Luxembourg Xavier Bettel, serait en forte hausse, de 4,2 points à 19,2%, au coude à coude avec les socialistes, membres de la coalition sortante, crédités de 19,3% et en recul de 2,3 points, selon des projections.

"Je constate avec satisfaction que le parti chrétien-social reste le premier parti du pays", a déclaré à l'AFP le ministre des Finances sortant et principal dauphin de M. Juncker, Luc Frieden. Mais il est "beaucoup trop tôt" pour dire quelle coalition dirigera le Grand-Duché lors des cinq prochaines années, a-t-il ajouté. Ces estimations peuvent encore évoluer dans la soirée, les résultats de la capitale étant loin d'être complets. Mais elles permettent d'envisager deux scénarios.

Le premier est une alliance entre les chrétiens-sociaux de Jean-Claude Juncker et les libéraux de Xavier Bettel, qui disposerait d'une majorité assez confortable de 36 ou 37 sièges sur 60 et réunirait à la fois le premier parti du pays et celui qui a le plus progressé. Un second verrait le renvoi dans l'opposition des chrétiens-sociaux, au pouvoir de manière pratiquement ininterrompue depuis 70 ans, par la formation d'une coalition entre les libéraux, les écologistes et les socialistes.

"S'il est possible de mettre en oeuvre, à trois, de véritables réformes en vue de moderniser l'État et de lui donner un nouvel élan, alors oui, je suis en faveur d'une coalition à trois", avait déclaré pendant la campagne le chef de file des socialistes et candidat déclaré au poste de Premier ministre, Etienne Schneider. La projection diffusée vers 20H15 indiquait qu'une telle coalition disposerait d'une courte majorité de 32 sièges. Il revient à présent au Grand-Duc Henri de nommer dans les prochains jours le responsable qui sera chargé d'évaluer la faisabilité de ces différentes options.

La rupture entre socialistes et chrétiens-sociaux, qui ont gouverné ensemble depuis 2004, s'est produite au début de l'été, ce qui a obligé M. Juncker à convoquer les élections avec sept mois d'avance sur la fin normale de la législature. Comme l'opposition, les socialistes dénonçaient la responsabilité politique du Premier ministre dans le scandale du service de renseignement, qui a commis de graves irrégularités, notamment en espionnant sur une grande échelle la population et une partie de la classe politique. A bientôt 59 ans, dont la moitié passée au gouvernement, M. Juncker était donc confronté à l'usure du pouvoir et à une certaine lassitude de la population, en quête d'hommes nouveaux, dans un contexte économique plus difficile pour le Luxembourg, pays qui reste un des plus riches du monde mais qui a vu le taux de chômage atteindre près de 7% et l'endettement multiplié par trois en 15 ans.

Le CSV a axé sa campagne sur la personnalité et l'expérience de M. Juncker et le besoin de stabilité du pays. Jean-Claude Juncker refuse d'envisager une alliance à trois. Mais il est prêt à gouverner avec les libéraux, les socialistes ou les écologistes, pourvu que la prochaine coalition ne compte pas plus de deux formations. Au total, neuf partis se présentaient aux législatives, de l'extrême gauche avec Dei Lenk, qui remporterait 2 sièges (+1) et le Parti communiste, à la droite populiste incarnée par l'ADR, crédité de 3 sièges (-1).

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