Élections américaines: l'autre enjeu du 8 novembre

30/10/16 à 14:30 - Mise à jour à 14:29

Source: Afp

Pour Donald Trump et Hillary Clinton, être élu le 8 novembre à la Maison Blanche sans remporter au moins l'une des deux chambres du Congrès américain, affaiblirait considérablement leur capacité d'action pour les deux premières années de leur mandat.

Élections américaines: l'autre enjeu du 8 novembre

/ © ImageGlobe

Les républicains sont aujourd'hui majoritaires à la Chambre des représentants (députés) et au Sénat.

Les démocrates espèrent remporter le Sénat, mais les experts s'accordent à dire qu'une reconquête de la Chambre (435 sièges au total) relèverait de l'exploit.

Au cours des deux dernières années, faute de majorité au Congrès, Barack Obama a dû recourir de façon controversée à des décrets pour avancer par petits pas sur l'environnement ou l'immigration.

Le Sénat, aussi puissant que la Chambre, est le principal champ de bataille. 34 des 100 sièges seront renouvelés pour un mandat de six ans, et la plupart des sortants de cette année sont des républicains. La répartition actuelle est de 54 républicains et 46 démocrates.

En cas d'élection d'Hillary Clinton à la Maison Blanche, il suffirait aux démocrates de gagner quatre sièges pour prendre le contrôle du Sénat, car en cas de division 50-50, il revient au vice-président (Tim Kaine) de départager les votes.

Les candidats républicains seront-ils affaiblis dans les urnes par leur allégeance, ou leur rejet, de Donald Trump?

"Dans quelques cas isolés, des républicains sortants pourraient réussir à se faire réélire dans des scrutins serrés en prenant leurs distances vis-à-vis de Trump", explique à l'AFP Gary Nordlinger, politologue de l'Université George Washington. "Mais c'est à double tranchant. Trump est très populaire au sein de sa base, donc en prenant leurs distances, ils risquent aussi d'aliéner la base républicaine", analyse-t-il.

Les prédictions donnent un avantage aux démocrates pour le Sénat.

Les analystes du site FiveThirtyEight donnent 65% de chances aux démocrates de le reconquérir. Le Cook Political Report prévoit un gain de cinq à sept sièges pour les démocrates, soit plus que nécessaire.

L'ombre de Trump

Les républicains sortants du New Hampshire, de Caroline du Nord et de Pennsylvanie sont mal à l'aise quand ils sont interrogés sur leur porte-flambeau Donald Trump.

Même dans le Missouri, qui penche plutôt pour les conservateurs, un trentenaire charismatique démocrate, Jason Kander, menace le sénateur républicain sortant, Roy Blunt. Une publicité du candidat en train d'assembler un fusil d'assaut les yeux bandés est devenue virale.

Signe de panique au sein de la droite américaine, une structure politique financée par des millionnaires et milliardaires conservateurs a annoncé un investissement de 25 millions de dollars de publicité dans la dernière ligne droite, dans une demi-douzaine d'Etats.

"Si les démocrates veulent la majorité, le combat sera rude", prédit Ian Prior, porte-parole de cette organisation, le Senate Leadership Fund.

Ce combat, Hillary Clinton s'y est jetée aussi. Dans la plupart de ses déplacements, elle s'affiche avec les candidats démocrates au Congrès, critiquant sans relâche les républicains pour leur indulgence envers Donald Trump.

La Chambre des représentants est le pare-feu républicain.

La majorité républicaine y est la plus forte depuis la fin des années 1920 et il faudrait une Bérézina pour qu'elle perde les 30 sièges convoités par les démocrates. Les prévisionnistes électoraux du Center for Politics, à l'Université de Virginie, évoque un gain insuffisant de 10 à 15 sièges.

Les cartes seront rebattues en novembre 2018, lors des élections dites de mi-mandat, qui prennent souvent la forme d'un vote-sanction contre l'action du président pendant ses deux premières années de pouvoir.

Toute la Chambre, où les mandats ne durent que deux ans, sera remise en jeu, ainsi qu'un autre tiers du Sénat.

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