Egypte : Mohamed Morsi accélère le vote pour la nouvelle constitution

29/11/12 à 16:24 - Mise à jour à 16:24

Source: Le Vif

L'assemblée constituante chargée de la rédaction du texte de la nouvelle constitution égyptienne a achevé sa mission jeudi matin, malgré les critiques marquées de l'opposition laïque. Le vote de l'assemblée pour la mise en application du texte a déjà commencé.

Egypte : Mohamed Morsi accélère le vote pour la nouvelle constitution

© Image Globe

Le président égyptien, Mohamed Morsi s'exprimera jeudi soir vers 19 h devant son peuple pour apaiser les vives tensions qui touchent le pays depuis début novembre. Dans son discours, il veut lancer un appel à l'unité tout en dénonçant les "complots" de l'opposition. Il clarifiera également les raisons de la publication du décret controversé.

Pour rappel, Mohamed Morsi s'est accordé le 22 novembre dernier des pouvoirs exceptionnels par décret empêchant toute contestation juridique des décisions présidentielles jusqu'à l'élection d'un nouveau parlement début 2013. À la suite de cette décision, des milliers d'opposants laïcs et libéraux ont manifesté dans les rues égyptiennes pour dénoncer l'abus de pouvoir du président. Pour calmer le jeu, Mohamed Morsi a précipité la rédaction d'une nouvelle constitution égyptienne remplaçant le nouveau décret. Le problème pour les opposants, c'est la légitimité de ce texte : l'assemblée constituante chargée de rédiger et de voter la constitution est majoritairement composée de partis musulmans (Frères musulmans et Al Nour) fidèles au président. Des recours en justices ont pourtant été introduits auprès des instances égyptiennes pour contester la légitimité de l'assemblée malgré l'interdiction de contester les décisions présidentielles.

La Commission devrait donc finir de voter ce jeudi soir. Le texte devra ensuite recevoir l'aval du président et être soumis au référendum dans 15 jours. Les opposants critiquent cette précipitation inutile qui survient au beau milieu de la crise. À l'heure où les divisions font loi en Egypte, les dispositions de la nouvelle constitution inquiètent davantage qu'elles ne rassurent comme le souhaiterait le président.

Violaine Krebs (stg)

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