Egypte : les partis islamistes refusent de reporter le référendum

08/12/12 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Source: Le Vif

Une coalition de treize partis et mouvements islamistes égyptiens, dont celui des Frères musulmans, a rejeté ce samedi tout report du référendum sur le projet de Constitution qui divise le pays, réclamé par l'opposition au président islamiste Mohamed Morsi.

Egypte : les partis islamistes refusent de reporter le référendum

© AFP

Ces partis "insistent pour que le référendum sur la Constitution ait lieu à la date prévue (15 décembre ndlr), sans modification ni report", selon un communiqué lu à la presse par le numéro deux des Frères musulmans, Khairat Al-Chater.

Le communiqué est signé par le mouvement des Frères musulmans et son bras politique, le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), ainsi que par le parti Al-Nour, principale formation fondamentaliste salafiste d'Egypte.

Ces partis et mouvements étaient en position de force au sein de la commission qui a élaboré le projet de Constitution. Ce texte doit être soumis à référendum le 15 décembre.

"Le dialogue est la meilleure et la seule voie", affirme l'armée

L'armée égyptienne a estimé ce samedi dans un communiqué que le "dialogue est la meilleure et la seule voie" pour résoudre la crise qui oppose le président islamiste Mohamed Morsi à l'opposition depuis plus de deux semaines.

"La voie du dialogue est la meilleure et la seule voie qui permet d'arriver à un compromis et de représenter au mieux les intérêts de la Nation et de ses citoyens", fait valoir le porte-parole des forces armées dans ce texte qui constitue la première réaction officielle de l'armée aux troubles.

Faute de dialogue "nous emprunterions un sentier obscur qui déboucherait sur un désastre. Nous ne saurions le permettre", ajoute le communiqué qui appelle au "respect de la légalité et des règles démocratiques sur lesquelles nous nous sommes tous entendus".

"L'armée s'est toujours tenue aux côtés du grand peuple égyptien et est déterminée à préserver son unité", souligne encore le texte.

L'armée ne s'est prononcée ni en faveur de l'un, ni de l'autre camp depuis le début de la crise engendrée par le décret pris par M. Morsi qui lui octroie des prérogatives s'apparentant à des pleins pouvoirs.

Le calme après les manifestations

Ce matin, les alentours du palais présidentiel au Caire étaient calmes, après une nouvelle nuit de manifestation de la part des opposants au président islamiste Mohamed Morsi. Aux abords du bâtiment, à Héliopolis, dans la grande banlieue de la capitale égyptienne, les soldats étaient postés aux barrages et des barbelés déroulés sur les rues alentour en empêchaient l'accès.

La veille, quelque 10.000 manifestants s'étaient rassemblés au même endroit pour conspuer M. Morsi, accusé d'être inféodé aux Frères musulmans. De nombreuses personnes avaient franchi sans incident les barbelés, envahissant le périmètre de sécurité, sans toutefois pouvoir entrer dans le complexe.

Plus d'une centaine de manifestants ont passé la nuit dans des tentes érigées à proximité du palais et dans une mosquée adjacente. "Je suis prêt à mourir. Tout le monde ici est prêt à mourir. Je suis opposé à la violence mais si on nous opprime, nous devons réagir", a déclaré l'un d'eux, Moustapha ElTabbal, 27 ans, à l'AFP.

Dans la foulée, le jeune homme a admis que le "dialogue" avec le pouvoir devait s'établir avant le 15 décembre, date retenue pour le référendum sur le projet de Constitution qui divise profondément l'Egypte.

Vendredi avait été baptisée journée "du carton rouge" pour dénoncer le décret du 22 novembre par lequel M. Morsi a étendu ses pouvoirs et mis ses décisions à l'abri de tout recours en justice, ainsi que le projet de Constitution. Ses détracteurs assurent que ce projet ouvrirait la voie à une extension de la loi islamique et offrirait peu de garanties pour les libertés.

Le vice-président Mahmoud Mekki a toutefois expliqué à l'AFP que M. Morsi était prêt à envisager un report du référendum si l'opposition garantit qu'elle ne mettra pas en cause le chef de l'Etat au motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au président.

Levif.be, avec Belga

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