Egypte : 74 morts après le match entre Al-Masry et Al-Ahly

02/02/12 à 07:00 - Mise à jour à 07:00

Source: Le Vif

Des violences ont fait au moins 74 morts mercredi soir après un match de football entre les équipes égyptiennes d'Al-Masry et Al-Ahly, à Port Saïd (nord). Ce bilan, encore provisoire, en fait l'un des matches de football les plus meurtriers de l'histoire.

Egypte : 74 morts après le match entre Al-Masry et Al-Ahly

© AFP

"Les heurts ayant éclaté après le match entre (les équipes d') Al-Masry et Al-Ahly ont fait 74 morts", a déclaré le vice-ministre de la Santé Helmy al-Hefny. Ils ont également fait des centaines de blessés, selon des informations recueillies auprès des hôpitaux de Port-Saïd. Des sources médicales ont indiqué que le bilan pourrait encore s'alourdir, des ambulances continuant de ramener des blessés du stade.

Des supporteurs se sont affrontés à coups de poings, et selon de sources médicales, plusieurs sont morts ou ont été blessés à l'arme blanche.

Les heurts ont commencé après que l'arbitre a sifflé la fin du match au cours duquel Al-Masry a fait subir à Al-Ahly, un des meilleurs clubs d'Egypte, sa première défaite (3-1) de la saison, à la 17e journée du championnat national. Des centaines de supporteurs d'Al-Masry, un club de Port-Saïd, ont envahi le terrain et ont commencé à lancer des pierres et des bouteilles contre ceux d'al-Ahly, une équipe du Caire, déclenchant les violences, selon des témoins.


Les Frères musulmans, grands vainqueurs des dernières élections, ont accusé les partisans du président déchu Hosni Moubarak d'être responsables des violences. "Les événements de Port-Saïd ont été planifiés et sont un message des partisans de l'ancien régime", a affirmé le député Essam al-Erian dans un communiqué publié sur le site internet du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique de la confrérie. Il a déclaré que l'Assemblée du peuple, dominée par les Frères, allait demander au ministre de l'Intérieur et aux responsables de la sécurité d'"assumer pleinement leurs responsabilités".

Le maréchal Hussein Tantaoui, le chef du Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak sous la pression de la rue, a envoyé deux avions militaires à Port-Saïd pour évacuer les joueurs et les blessés, a rapporté la télévision d'Etat.

Le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a décidé de démettre Essam Samak de ses fonctions "après les événements de Port-Saïd", a rapporté l'agence.

Un jour "jour sombre" pour le football Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, a estimé qu'il s'agissait d'un "jour sombre" pour ce sport. "Je suis très choqué et triste d'apprendre ce soir qu'un grand nombre de fans de football sont morts ou ont été blessés", a réagi le patron de la FIFA dans un communiqué. C'est un jour sombre pour le football. Une telle catastrophe est inimaginable et ne devrait pas se produire".

Incidents au Caire

Le président du Parlement Saad al-Katatni, membre des Frères musulmans, a indiqué que l'Assemblée du peuple tiendrait une session extraordinaire ce jeudi à 11h00 locales (10h00 heure belge) pour discuter des événements. La télévision d'Etat a montré des images de chaos dans le stade, des supporteurs courant dans toutes les directions. Des photos de joueurs en sang circulaient également sur internet.

Dans le même temps, un incendie s'est déclaré au stade du Caire lors du match opposant al-Zamalek au club Ismaïly amenant les responsables à annuler la partie. L'incendie a été maîtrisé, a indiqué un responsable de la sécurité.

Depuis la chute de Hosni Moubarak il y a bientôt un an, l'Egypte a connu des troubles sporadiques et parfois meurtriers, associés à une hausse de l'insécurité liée notamment à un désengagement de la police, qui a été fortement critiquée pour avoir réprimé les manifestants pendant le soulèvement populaire de janvier-février 2011.

Plus tôt mercredi, des hommes armés ont attaqué une société de transfert de fonds au Caire, selon l'agence de presse officielle Mena, portant à cinq le nombre de vols à main armée en moins d'une semaine dans un pays auparavant peu habitué à ce type d'incidents.

Dans la capitale, qui compte 20 millions d'habitants, les vols notamment de voitures se sont multipliés depuis un an.

Le Vif.be, avec Belga

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