Egypte: 36,2 milliards de dollars de contrats signés en 3 jours

16/03/15 à 08:12 - Mise à jour à 08:12

Source: Belga

L'Egypte a signé des contrats d'un montant de 36,2 milliards de dollars durant les trois jours d'une conférence économique organisée pour attirer les capitaux étrangers et relancer son économie chancelante, a annoncé dimanche le Premier ministre, Ibrahim Mahlab.

Egypte: 36,2 milliards de dollars de contrats signés en 3 jours

© Reuters

Parallèlement à ces contrats, quatre pays du Golfe ont promis des investissements et une aide de 12,5 milliards de dollars, lors de cette réunion organisée de vendredi à dimanche dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. L'Egypte a également obtenu 5,2 milliards de dollars en prêts et aides de fonds et d'institutions internationaux, a expliqué le Premier ministre lors de la cérémonie de clôture. Baptisé conférence sur "l'avenir" de l'Egypte, cet évènement était éminemment politique et a montré les soutiens internationaux dont bénéficie le président Abdel Fattah al-Sissi, qui se veut le fer de lance des pays arabes dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Il est pourtant accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme d'avoir mis en place un régime plus répressif encore que celui de Hosni Moubarak, renversé en 2011 par une révolte populaire. "En investissements directs, des contrats qui ont été effectivement signés, on parle de 36,2 milliards de dollars", a déclaré Ibrahim Mahlab, très ému. Outre ces contrats, les autorités ont signé des contrats d'investissement "clés en mains" d'une valeur de 18,6 milliards de dollars, a-t-il indiqué. "C'est-à dire que quelqu'un va nous construire une centrale électrique, il va la financer et nous allons le rembourser sur plusieurs années". Parmi les contrats signés figure celui avec le géant pétrolier britannique BP pour un investissement de 12 milliards de dollars dans un champ gazier de l'ouest du delta du Nil. Son exploitation avec son partenaire russe DEA pourrait assurer une production équivalente au quart de la production actuelle du pays. Le conglomérat allemand Siemens a également signé un contrat de 4 milliards d'euros (4,18 milliards de dollars) pour la construction d'une centrale électrique d'une capacité de 4,4 gigawatts et des éoliennes d'une capacité totale de 2 gigawatts. Vendredi, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, qui ont déjà largement subventionné l'Egypte depuis la destitution de M. Morsi, ont frappé les esprits en promettant quatre milliards de dollars chacun en aides ou en investissements. Oman a rajouté 500 millions. "L'Egypte a besoin de pas moins de 200 à 300 milliards de dollars pour qu'il y ait véritablement de l'espoir pour les 90 millions (d'Egyptiens), pour qu'ils puissent vivre, travailler et être heureux", a affirmé M. Sissi dans un discours plus tôt dimanche. Alors que le pays est régulièrement secoué par des attentats jihadistes meurtriers, la conférence s'est déroulée sans incident. A l'approche de l'évènement, de petites bombes rudimentaires avaient explosé quotidiennement, généralement sans dégâts, souvent devant des enseignes commerciales étrangères. Plusieurs ministres occidentaux ont fait le déplacement à Charm el-Cheikh, dont le chef de la diplomatie américaine John Kerry, signe du soutien de Washington à l'allié égyptien, malgré les critiques régulières au sujet de la répression menée par Le Caire contre tout type d'opposition, islamiste mais aussi laïque. Dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués, plus de 15.000 de ses partisans emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs. Mais l'Egypte, qui possède l'armée la plus puissante de la région, demeure un allié incontournable pour les Occidentaux dans le monde arabe, où le groupe EI monte en puissance en Egypte et en Libye, après avoir conquis de larges territoires en Syrie et en Irak. M. Sissi a réclamé la création d'une force arabe commune pour combattre le "terrorisme" dans la région, une initiative qu'étudiera la Ligue arabe lors d'un sommet fin mars.

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