Edith Bouvier raconte l'hôpital de campagne de Baba Amr

09/03/12 à 11:56 - Mise à jour à 11:56

Source: Le Vif

La journaliste, blessée en Syrie le 22 février, revient sur l'hôpital de campagne de Baba Amr, à Homs, où elle a reçu les premiers soins.

Edith Bouvier raconte l'hôpital de campagne de Baba Amr

© Imager Globe

L'envoyée spéciale du Figaro Edith Bouvier, rapatriée en France après avoir été grièvement blessée à Homs, publie vendredi dans le quotidien un long reportage sur l'hôpital de campagne de Baba Amr où elle a reçu les premiers soins. La journaliste a été blessée en Syrie le 22 février et n'a été rapatriée que le 2 mars, "à la suite d'un dangereux périple à travers la Syrie en guerre", écrit Le Figaro en introduction à cet article qu'elle avait commencé à écrire sur place.

"Elle est toujours hospitalisée en France et a subi jeudi une longue et délicate opération de la jambe", précise le journal. Dans son reportage, la journaliste décrit l'hôpital de campagne de l'Armée syrienne libre (ASL), "un immeuble quelconque" qui constitue cependant "une sorte de hâvre, un îlot d'humanité". "Les blessés s'y entassent, on les soigne avec presque rien", la journaliste parle de "quelques compresses" et "un peu de désinfectant", tandis que les obus et les roquettes continuent de tomber sur Baba Amr.
Les bombardements débutent "tous les jours, à 6h30 du matin" jusqu'à dans la nuit "où quelques explosions continuent de retentir (...) juste pour rappeler à la population que le cauchemar n'est pas fini" déclare la journaliste. Seule une heure d'interruption, à midi, permet à la population de souffler sinon le reste du temps, "il est complètement impossible de se déplacer dans le quartier" tant les rues sont ravagées. Au côté des obus et des roquettes qui pleuvent pratiquement sans intermittence, un drone de l'armée de Bachar el-Assad "patrouille nuit et jour dans le ciel de Baba Amr" afin de surveiller les déplacements de la population et des membres de l'Armée syrienne libre (ASL), déplore-t-elle.

L'hôpital de fortune n'a plus d'eau depuis "longtemps", l'électricité est défaillante, "les coupures sont fréquentes, malgré le générateur que nous avons installé" écrit Edith Bouvier à son arrivée à l'hôpital. Les membres du personnel médical ne sont pas tous des professionnels; la journaliste cite un fermier provenant d'un petit village de la proche campagne de Homs venu prêter main forte à la résistance et reconverti en anesthésiste "du fait des circonstances" explique-t-il.

Chloé Gibert

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