Echauffourées après une journée meurtrière dans les Territoires palestiniens

01/08/15 à 17:04 - Mise à jour à 17:04

Des échauffourées entre Palestiniens et armée et colons israéliens secouaient samedi la Cisjordanie occupée au lendemain d'une journée meurtrière marquée par la mort de trois jeunes Palestiniens, dont un bébé brûlé vif par des extrémistes juifs.

Echauffourées après une journée meurtrière dans les Territoires palestiniens

© Reuters

Les funérailles d'une des trois victimes, Laith Khaldi, 16 ans, touché mortellement par une balle de l'armée israélienne, ont dégénéré dans l'après-midi. Des dizaines de jeunes du camp de réfugiés de Jalazoun, en bordure de Ramallah, ont jeté des pierres sur des soldats qui répliquaient à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes et de tirs de balles de caoutchouc.

Ailleurs en Cisjordanie occupée, des heurts ont éclaté dans différentes zones, des manifestations en réaction aux violences de la veille ayant également tourné à l'affrontement entre jeunes et soldats, a indiqué un responsable palestinien de la sécurité à l'AFP. En outre, colons et Palestiniens se sont affrontés dans un village du nord de la Cisjordanie.

Le calme était cependant revenu à Jérusalem, écrasée sous un soleil de plomb, après une nuit émaillées de heurts qui ont fait une dizaine de blessés palestiniens.

Ce nouveau cycle de violences a débuté vendredi à l'aube, lorsque des hommes masqués ont lancé des cocktails Molotov par la fenêtre de la maison de la famille Dawabcheh, dans un village palestinien du nord de la Cisjordanie occupée.

Ali, 18 mois, est mort brûlé vif. Ses deux parents, Saad et Riham, et son frère, Ahmed, quatre ans, se débattent entre la vie et la mort.

Saad Dawabcheh, brûlé au troisième degré sur 90% du corps, est dans "un état critique", a indiqué à l'AFP l'hôpital israélien de Beer-Sheva. Son épouse et son fils sont "dans un état très grave et leurs vies sont en danger", selon l'hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv, contacté par l'AFP.

'Terroristes juifs'

Cette attaque, menée par des "terroristes juifs", selon les mots d'une rare dureté de la part des autorités israéliennes, est la dernière d'une longue liste de représailles menées par l'extrême droite israélienne et les colons.

Mercredi, Israël détruisait deux maisons en construction dans la colonie de Bet-El, près de Ramallah --mais annonçait en construire "immédiatement" 300 autres. Deux jours plus tard, la maison des Dawabcheh était attaquée et les assaillants recouvraient les murs d'une étoile de David et de slogans évoquant la "vengeance" et le "prix à payer", le label utilisé par ces activistes.

A chaque mesure qu'ils estiment les léser, ils s'en prennent à des Palestiniens, des Arabes israéliens, et parfois même à l'armée israélienne dans les Territoires occupés.

La plupart de ces attaques sont restées impunies et c'est la raison pour laquelle elles se poursuivent, assurent, unanimes, militants des droits de l'Homme, Palestiniens et communauté internationale.

Mais vendredi, face à la consternation devant les images du petit corps emmailloté dans un drapeau palestinien, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé le président palestinien Mahmoud Abbas pour lui assurer que justice serait faite.

"Je doute, a répondu M. Abbas, qu'Israël mette en oeuvre une véritable justice", et c'est pour cela que les Palestiniens doivent remettre samedi un dossier à la Cour pénale internationale (CPI) contenant les éléments sur ce nouveau "crime de guerre" d'Israël, selon eux.

Consternation en Israël

Vendredi, journée traditionnelle de mobilisation, les manifestations ont rendu hommage au bébé devenu symbole de la violence des colons --responsables selon l'Autorité palestinienne de 11.000 attaques ces 10 dernières années. Ces défilés ont ensuite dégénéré en affrontements avec les forces israéliennes.

La première victime a été Laith Khaldi, dont la mère, Samar Khayat, en larmes a accusé les soldats d'avoir tué son fils, "encore un enfant", "de sang-froid".

Vendredi, un autre adolescent a été tué par l'armée israélienne, cette fois à Gaza, l'armée expliquant qu'il s'était approché trop près du mur séparant Israël de l'enclave palestinienne.

Si l'émotion a été aussi vive parmi les Israéliens, c'est parce que cette journée de violences a succédé à un autre événement sanglant: jeudi soir, un orthodoxe juif a blessé à coups de couteau six personnes, dont une adolescente, lors de la Gay pride à Jérusalem. L'homme venait de purger 10 années de prison pour une attaque similaire qui avait fait trois blessés lors de la Gay pride en 2005.

Un rassemblement est prévu samedi soir à Tel-Aviv sous le mot d'ordre "Stop à la haine". "Il faut que nous disions haut et fort que les incitations à la haine de l'extrême droite tue", assurent les organisateurs sur leur page Facebook.

Avec l'Afp

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