Ebola : Une équipe d'aide et trois journalistes assassinés

19/09/14 à 13:32 - Mise à jour à 13:32

Source: Belga

Huit responsables locaux et journalistes guinéens, portés disparus après des violences lors d'une campagne de sensibilisation à Ebola dans le sud du pays, ont été retrouvés morts, selon un nouveau bilan officiel publié vendredi.

Ebola : Une équipe d'aide et trois journalistes assassinés

/ © Reuters

Un précédent bilan communiqué jeudi soir avait fait état de sept morts sur neuf disparus. "Les investigations de la mission de recherche ont permis de découvrir huit corps dans le village" de Womey, près de N'Zérékoré, deuxième plus grande ville de Guinée, en région forestière, a affirmé vendredi le gouvernement dans un communiqué. Les victimes sont le sous-préfet de Womey, le directeur préfectoral de la santé de N'Zérékoré, le directeur adjoint de l'hôpital régional de N'Zérékoré et le chef du centre de santé de Womey. Les quatre autres victimes sont un pasteur, deux techniciens de la radio de N'Zérékoré et un journaliste d'une radio privée.

"Le fils du sous-préfet a été retrouvé vivant caché dans les environs", a indiqué le porte-parole du gouvernement, le ministre Damantang Albert Camara. Une enquête judiciaire a été ouverte. Les émeutes survenues mardi à Womey avaient fait 21 blessés, selon les autorités locales. La délégation, conduite par le gouverneur de N'Zérékoré, Lancéi Condé, pour mener une mission de sensibilisation sur l'épidémie d'Ebola, a été accueillie "à coups de pierres et de bâtons", avait raconté à l'AFP un de ses membres, le lieutenant de gendarmerie Richard Haba. Les manifestants soupçonnaient l'équipe d'être "venue les tuer parce que, selon eux, Ebola n'est qu'une invention des Blancs pour tuer les Noirs", avait-il expliqué. La lutte contre Ebola, maladie jusqu'à présent inconnue en Afrique de l'Ouest, s'est heurtée à des réactions de déni, parfois violentes, des populations, mais c'est la première fois qu'elles aboutissent à des morts. L'épidémie d'Ebola dans la région, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976, a tué au moins 2.630 personnes depuis le début de l'année, dont plus de 600 en Guinée d'où elle est partie, selon un dernier bilan.

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