Duels suprêmes

06/10/16 à 11:56 - Mise à jour à 11:56

Source: Le Vif/l'express

John Fitzgerald Kennedy, Ronald Reagan, Barack Obama... Pas besoin d'être Américain pour observer que notre imaginaire aussi est peuplé de ces noms de président qui claquent comme autant de destins exceptionnels.

Duels suprêmes

© DR

C'est que l'élection d'un Président des Etats-Unis est avant tout la rencontre avec une personnalité, un parcours, une ambition et une consécration. La désignation du "personnage le plus puissant au monde" relève pourtant d'une forme de mystification. Certes le locataire de la Maison-Blanche peut porter la guerre en tous points de la planète, nouer ou dénouer des alliances qui bouleverseront l'économie mondiale, adouber ou marginaliser des chefs d'Etat au point d'en altérer la destinée, donner des impulsions déterminantes à la marche du monde. Mais, en son pré carré, le colosse-président a des pieds d'argile. Les pères fondateurs de la Nation américaine en ont décidé ainsi, eux qui étaient soucieux qu'il n'abuse pas de son pouvoir. Le Congrès, pour le législatif, et la Cour suprême, pour le judiciaire, allaient lui en couper l'envie. Tel est le cadre garant d'une démocratie qui a su prospérer sur plus de deux siècles sans pour autant, reconnaissons-le, s'ériger en modèle idéal. Il suffit pour s'en convaincre de rappeler l'expérience du président sortant. Confronté à une majorité de l'autre bord au Congrès et surtout à la défense d'intérêts partisans et à l'influence de lobbies, il a peiné à préserver l'essence de sa réforme du système des soins de santé et a dû renoncer à modifier, même à la marge, la législation controversée sur les ventes d'armes.

Malgré les lacunes de cette démocratie, le 8 novembre restera un moment crucial de l'histoire du monde. "La plus stupéfiante élection présidentielle américaine de l'histoire contemporaine", analyse Christine Ockrent dans le dernier des huit duels historiques que décryptent les meilleurs spécialistes dans ce hors-série exceptionnel du Vif/L'Express. Ces récits passionnés et passionnants fournissent autant d'occasions de développer les enjeux qui ont jalonné et nourrissent parfois encore la construction de la démocratie américaine. L'issue du dernier sera de toute façon inédite. Elle mènera au poste suprême soit la première femme de l'histoire des Etats-Unis, soit son premier "bateleur de reality show".

Somme toute, cette seconde perspective n'est pas très éloignée de nos préoccupations à nous, Européens. Qu'il gagne ou qu'il perde face à Hillary Clinton, Donald Trump restera comme le porte-parole de cette population jusqu'alors sans-voix qui se sent méprisée par une certaine élite et victime du rouleau compresseur de la globalisation mondialisée. Une aspiration sans doute pas très différente de celle des électeurs qui en France, aux Pays-Bas ou en Hongrie se tournent vers la droite extrême et anti-Union européenne. Ce diagnostic fournit un argument supplémentaire pour se convaincre, s'il le fallait encore, que l'élection du prochain président des Etats-Unis nous concerne au plus haut point. Et pas seulement parce que survit malgré tout encore au Nouveau-Monde cette conviction que "l'Amérique est là pour guider ses citoyens vers le bonheur et les autres nations vers un monde meilleur".

En savoir plus sur:

Nos partenaires