DSK, semaine à hauts risques

25/03/12 à 17:32 - Mise à jour à 17:32

Source: Le Vif

Dominique Strauss-Kahn est convoqué mercredi pour être mis en examend ans l'affaire du Carlton de Lille. Et à New York, ce sera la première audience civile dans l'affaire du Sofitel. Voici le détail de ce qui attend l'ex-patron du FMI.

DSK, semaine à hauts risques

© Reuters

Dans l'affaire du Carlton à Lille et dans l'affaire Diallo à New-York, l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn se trouvera mercredi face à deux fronts judiciaires de part et d'autre de l'Atlantique, au pénal en France, au civil aux Etats-Unis.

Au terme de deux journées et une nuit de garde à vue dans une caserne de gendarmerie à Lille il y a un peu plus d'un mois, Dominique Strauss-Kahn s'était vu délivrer une convocation "aux fins de mise en examen" pour "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et "recel d'abus de biens sociaux". Des infractions passibles de vingt ans de réclusion criminelle et cinq ans d'emprisonnement.

A New-York, se tiendra devant la Cour suprême du Bronx la première audience civile dans l'affaire du Sofitel où DSK est accusé d'agression sexuelle par la femme de chambre Nafissatou Diallo, dans laquelle les poursuites pénales ont été abandonnées. Le juge Douglas McKeon présidera une audience sur la motion des avocats de M. Strauss-Kahn, qui affirment que l'ancien directeur général du FMI ne peut être poursuivi au civil car il bénéficiait au moment des faits d'une immunité diplomatique totale. Ni M. Strauss-Kahn ni Mme Diallo ne sont tenus d'être présents lors de cette audience.

"Je donnerai à chacun des avocats (des deux parties) l'opportunité de défendre leurs arguments, et je leur poserai des questions. Et je rendrai ma décision dans les semaines qui suivront. Ce sera une décision écrite", explique le juge McKeon. S'il décide que M. Strauss-Kahn ne peut pas être poursuivi, "c'est la fin de l'affaire" selon ses termes. Si, à l'inverse, il retient les arguments des avocats de Nafissatou Diallo, selon lesquels DSK ne peut prétendre à cette immunité diplomatique, il devra ensuite se prononcer sur d'autres motions : notamment celle des avocats de l'ancien ministre pour que soit retiré un paragraphe de la plainte de Mme Diallo évoquant d'autres agressions sexuelles présumées.

A Lille, les magistrats qui instruisent l'affaire de proxénétisme dite du Carlton cherchent notamment à déterminer si l'ancien directeur général du Fonds monétaire international savait que les participantes à des soirées libertines auxquelles il avait pris part, notamment à Paris et Washington, étaient rémunérées.

Certaines d'entre elles ont soutenu qu'il ne pouvait l'ignorer ou qu'il le savait, ce que DSK a réfuté lors de sa garde à vue, a-t-on affirmé de source proche du dossier. Si certains protagonistes ont soutenu qu'il n'était pas au courant, d'autres éléments laisseraient penser le contraire, à l'instar d'un SMS qu'aurait envoyé DSK à l'un de ses proches en lui recommandant une de ses partenaires.

DSK a soutenu devant les enquêteurs qu'il ne pouvait imaginer que ces jeunes femmes puissent être des prostituées car certaines "lui ont été présentées par des responsables policiers", selon une source proche de l'enquête. Me Frédérique Baulieu, conseil de DSK, avait affirmé que son client était "parfaitement satisfait d'avoir été entendu dans des conditions de grande sérénité" et "s'est complètement expliqué sur l'ensemble des faits pour lesquels il a été interrogé" lors de sa garde à vue.

L'enquête a fait ressortir que plusieurs déplacements de protagonistes du dossier, accompagnés de prostituées, avaient été organisés et financés par deux entrepreneurs du Pas-de-Calais, Fabrice Paszkowski, responsable d'une société de matériel médical, et David Roquet, ancien directeur de Matériaux enrobés du Nord, une filiale du groupe de BTP Eiffage. Les deux hommes, qui font partie des huit personnes mises en examen dans cette affaire, ont affirmé qu'il n'y avait eu aucune contrepartie à l'organisation de ces escapades, selon leurs avocats. Si les juges estimaient que DSK connaissait l'origine frauduleuse de ces dépenses, il pourrait être poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux. Le dernier de ces voyages a eu lieu du 11 au 13 mai 2011 dans la capitale américaine, à la veille de l'arrestation de DSK à New York.

LExpress.fr

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