Donald Tusk évoque des concessions sur la dette par les créanciers d'Athènes

09/07/15 à 15:08 - Mise à jour à 15:08

Source: Belga

Les créanciers de la Grèce devront faire des propositions crédibles sur la soutenabilité de la dette grecque si le Premier ministre grec Alexis Tsipras présente une liste de réformes concrète et réaliste, a indiqué jeudi midi à Luxembourg le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Donald Tusk évoque des concessions sur la dette par les créanciers d'Athènes

Donald Tusk, président du Conseil européen. © BELGAIMAGE/Emmanuel Dunand

M. Tusk, en visite à Luxembourg pour le début de la présidence luxembourgeoise de l'Union européenne, s'exprimait en présence du Premier ministre Xavier Bettel. Il a salué "les excellentes capacités de négociations" luxembourgeoises, très nécessaires "particulièrement aujourd'hui".

Donald Tusk a eu jeudi matin au téléphone le Premier ministre grec. "Je lui ai promis de rester totalement discret" sur le contenu de l'entretien, a-t-il répondu aux journalistes. "Dans des moments aussi difficiles, il faut être loyal l'un envers l'autre", a-t-il précisé. Le président du Conseil européen a indiqué attendre les propositions promises par le gouvernement grec, des propositions qui devront être "à la fois complètes et concrètes".

"S'il y a des propositions réalistes et concrètes en provenance de Grèce, il faudra des propositions des créanciers sur la soutenabilité de la dette", a-t-il prévenu. "Autrement, nous continuerons la danse mortelle."

C'est la première fois qu'un dirigeant européen évoque aussi précisément la nécessité pour les créanciers d'Athènes de faire des concessions sur la dette. "Avec de la bonne volonté et plus de responsabilités des deux côtés, c'est possible", a commenté M. Tusk.

Xavier Bettel a estimé pour sa part que "la bonne volonté n'est pas suffisante". "Nous attendons et il est très important de recevoir les propositions le plus vite possible", a indiqué le Premier ministre luxembourgeois, qui doit lui aussi s'entretenir avec son homologue grec dans la journée. "Les actions prioritaires ("prior actions") devraient être fixées sur papier, pas dans des mots, de sorte que nous sachions où nous allons", a insisté Xavier Bettel.

Les partenaires de la zone euro d'Athènes ont donné jusqu'à ce jeudi soir à M. Tsipras pour formuler de nouvelles propositions concrètes, propositions qui feront ensuite l'objet d'une analyse et d'un double sommet, dimanche. Un sommet des pays de la zone euro est convoqué pour 16h00 et un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE est convoqué à 18h00.

La Grèce a introduit mercredi une demande d'aide au Mécanisme européen de stabilité (MES), afin de l'aider à faire face financièrement. Le pays est au bord de l'asphyxie après que le programme d'aide liant la Grèce à ses créanciers s'est achevé le 30 juin faute d'accord. La tranche d'aide de 7,2 milliards d'euros qui était liée à la conclusion de cet accord n'a pas été versée à Athènes, obligeant le gouvernement grec à faire défaut sur un remboursement au FMI.

Depuis le 29 juin, le gouvernement grec a également décrété un contrôle des capitaux, afin d'éviter l'effondrement total des banques grecques. La population n'est plus autorisée à retirer que 60 euros - et même parfois 50 euros, là où les billets de 20 euros viennent à manquer - par jour. La mesure, qui devait être levée après le référendum du 5 juillet sur les mesures proposées par les créanciers, est prolongée jusqu'à lundi.

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