Doha: prolongation des négociations sur le climat

07/12/12 à 21:57 - Mise à jour à 21:57

Source: Le Vif

Délégations et ministres du monde entier se préparaient vendredi soir à de très longues heures de négociations, au terme de la conférence de l'ONU à Doha, pour arracher un nouvel accord sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Doha: prolongation des négociations sur le climat

© reuters

En fin de journée, de nombreux dossiers clés étaient toujours loin d'être réglés comme les détails de la seconde période du protocole de Kyoto et l'aide financière aux pays en développement pour faire face au réchauffement, au coeur d'un bras de fer entre pays du Nord et du Sud.

"Depuis ce matin, on n'a pas trop avancé", se lamentait le ministre français du Développement Pascal Canfin. Le ministre allemand de l'Environnement, Peter Altmaier disait lui "s'attendre à ce que les négociations durent probablement toute la nuit".

Nombre de délégués, notamment de l'Union européenne, critiquaient le manque d'implication de la présidence du Qatar, pays hôte qui a la particularité d'être le plus grand émetteur de CO2 au monde par habitant, pour faire avancer ces discussions.

Face à la perspective de négociations qui menaçaient de s'éterniser, le vice-Premier ministre du Qatar Abdallah al-Attiya, qui dirige les débats en séance plénière, a lancé aux délégués, semi-ironique: "Je ne suis pas pressé. Ma maison est seulement à 10 minutes en voiture! ".

Ces dernières semaines, rapports et études ont tiré la sonnette d'alarme sur la réalité du changement climatique et le fait que les efforts réalisés étaient bien loin du compte.

Depuis 1995, la communauté internationale se réunit chaque année, sous l'égide de l'ONU, pour tenter notamment répartir équitablement les réductions de gaz à effet de serre (GES) entre les différentes nations.

Mais les efforts engagés dans le cadre de ces négociations laborieuses et complexes laissent le monde sur une trajectoire de +3°C à +5°C, largement au-dessus du seuil au-delà duquel le système climatique risque de s'emballer (2%).

Le prochain grand rendez-vous est celui de 2015 à Paris pour conclure un accord "universel" sur les réductions de GES, impliquant tous les pays dont les deux grands pollueurs que sont la Chine et les Etats-Unis, et devant entrer en vigueur en 2020.

L'ambition de Doha est bien plus modeste et porte essentiellement sur la naissance de l'acte II de Kyoto dès le 1er janvier 2013, seul outil légalement contraignant qui n'engage que les pays industrialisés, à l'exception notable des Etats-Unis, à réduire leurs GES.

Sa portée sera essentiellement symbolique car il ne concernera que l'UE et l'Australie après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, soit uniquement 15% des GES globaux. Mais les pays du Sud y tiennent, au nom de la "responsabilité historique" du Nord dans le dérèglement climatique.

Les négociations patinaient toujours en fin de journée sur l'avenir du surplus de quotas d'émissions de GES hérités de Kyoto 1, et détenus en grande quantité par les ex-pays de l'Est. Ces derniers veulent pouvoir les garder et éventuellement les vendre. Les pays en développement s'en inquiètent, avançant que ces crédits ne permettent de réduire les GES que sur le papier.

L'autre dossier très épineux est celui de l'aide que les pays du sud attendent des pays développés pour assurer une transition entre l'aide d'urgence de 30 mds USD pour 2010-2012, et la promesse des 100 mds par an d'ici 2020. Ils demandent 60 milliards de dollars d'ici 2015.

Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires