Dimanche, le sort de la Grèce sera scellé

08/07/15 à 06:42 - Mise à jour à 08:48

Source: Belga

Le sommet de la zone euro consacré à la Grèce post-référendum s'est terminé peu après 22h00 mardi soir. Un nouveau sommet sera de nouveau convoqué dimanche, mais cette fois avec les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, a annoncé le chef du gouvernement italien Matteo Renzi. Cette nouvelle rencontre à Bruxelles devrait être "décisive", a-t-il encore commenté.

Dimanche, le sort de la Grèce sera scellé

© AFP/Sakis Mitrolidis

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'est dit déterminé mardi à "poursuivre l'effort" pour obtenir un accord avec les créanciers du pays "qui garantisse une sortie de crise" et "mette fin" à la perspective d'un Grexit.

Les dirigeants de la zone euro réunis à Bruxelles sont convenus de lancer "une procédure rapide" en vue d'un tel accord, a ajouté le dirigeant de gauche radicale, assurant que "tous" ses partenaires réalisent que la crise grecque "est un problème européen qu'il faut résoudre".

Jean-Claude Juncker n'exclut pas une sortie de l'euro

La limite pour trouver une voie de sortie pour la Grèce sera ce dimanche lors d'une réunion des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, a martelé le président du Conseil européen, Donald Tusk, à la sortie du sommet informel de la zone euro, organisé mardi soir à Bruxelles. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a confirmé ne plus exclure aucune hypothèse, faisant allusion au scénario le plus sombre, la sortie de la Grèce de l'union monétaire.

"J'ai demandé aux chefs d'Etat de la zone euro de trouver une solution où tout le monde sort gagant, si ce n'est pas possible cela signifie la fin des négociations avec les conséquences qu'on connait et le scénario du pire, la faillite des banques et l'insolvabilité de la Grèce, un scénario très dur pour les Grecs", a déclaré le polonais Donald Tusk, après 4 heures de réunion avec les leaders des pays membres de la zone euro.

Il a encore souligné qu'un tel scénario aurait un impact pour l'ensemble de l'Europe, y compris sur le plan géopolitique.

"Ce soir, je dois être très clair, la date finale, c'est la fin de la semaine", a averti M. Tusk, rappelant que tout le monde était responsable du statu quo.

Il a donc convoqué une nouvelle réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, à 28 donc cette fois, dimanche prochain.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit attendre d'ici là des "propositions conclusives" de réformes de la part des autorités grecques pour qu'un nouveau plan d'aide puisse être envisagé pour la Grèce.

"Je n'exclus aucune hypothèse", a encore affirmé le Luxembourgeois. "Nous avons préparé un scénario de 'Grexit' à la Commission européenne, tout comme d'aide humanitaire, mais ce que je préfère c'est un scénario pour matintenir la Grèce dans la zone euro."

Les nouvelles propositions grecques sont attendues au plus tard vendredi à l'aube, de sorte que les ministres de la zone euro (Eurogroupe) puissent les évaluer avant le sommet européen de dimanche.

La réouverture des banques sera progressive

La réouverture des banques grecques, fermées depuis huit jours pour sauvegarder le système bancaire, devrait se faire "progressivement", avec, d'ici la fin de la semaine, une augmentation des services proposés, a indiqué mardi le ministre adjoint des Finances Dimitris Mardas.

"Le but est de rouvrir progressivement toutes les banques, que la situation se normalise", a indiqué le ministre interrogé sur la chaîne publique ERT. Il n'a pu donner de calendrier à cette réouverture qui dépend "des propositions de la Banque de Grèce, de l'Union des banques grecques et des conditions du marché".

Il a annoncé la publication mercredi d'un nouveau décret régulant le fonctionnement des banques pour succéder à celui pris dimanche 28 juin qui avait instauré la fermeture des établissements, la limitation des retraits à 60 euros par jour aux distributeurs et l'interdiction des virements à l'étranger. Le décret en vigueur, prolongé de deux jours, expire mercredi soir.

Le texte qui lui succédera permettra d'offrir "un plus grand nombre de services" dans un nombre limité d'agences bancaires ouvertes qui devraient correspondre à celles où les retraités grecs sans carte bancaire peuvent se présenter au guichet pour retirer 120 euros. Ces établissements, un peu plus d'un millier en Grèce, accepte aussi les dépôts.

M. Mardas, reconnaissant les problèmes que cette mise à l'arrêt du secteur bancaire cause à l'économie grecque, a dit espérer que le nouveau décret apporte des solutions aux difficultés rencontrées depuis huit jours par les entreprises.

Dans une interview sur la radio 9.84, le ministre de la Fonction publique Georges Katrougalos a également reconnu qu'il n'était "sans doute pas techniquement faisable" que les banques rouvrent cette semaine.

"C'est maintenant ou jamais, c'est le moment de vérité", insiste Charles Michel

La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro a permis de tenir une discussion franche et ouverte, mais sans aucune proposition concrète et précise du Premier ministre grec Alexis Tsipras. "Ce sera le moment de vérité, dans les quelques jours qui viennent", a mis en garde le Premier ministre belge Charles Michel.

"C'était une réunion franche et ouverte, il n'y a pas eu de langue de bois", a commenté le Premier ministre. "Nombreux sont ceux qui ont indiqué que l'organisation d'un référendum avait rendu les choses plus délicates."

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont dû constater qu'Alexis Tsipras ne proposait pas encore de mesures concrètes et précises. "J'ai d'ailleurs marqué mon étonnement de voir un Premier ministre ayant la volonté - que je partage - de porter le débat au plus haut niveau politique ne vienne en fait qu'avec des phrases générales et rien de neuf."

Le Premier ministre grec a promis de présenter des propositions au plus tard jeudi. "En fonction des propositions faites, on verra s'il y a une base suffisante pour mener de nouvelles négociations", a expliqué le Premier ministre belge, précisant que "c'est le moment de vérité, dans les quelques jours qui arrivent".

Les Grecs doivent déposer une demande d'aide au Mécanisme européen de solidarité (MES) mercredi. "Il y a une question urgentissime, qui est celle de la liquidité des banques grecques", souligne Charles Michel. Selon lui, Alexis Tsipras serait venu avec "des demandes d'argent complémentaires, mais pas de propositions concrètes".

Les dirigeants européens se réuniront à nouveau dimanche, probablement d'abord juste entre dirigeants de la zone euro, avant d'élargir la réunion aux autres Etats membres. Il s'agira d'expliquer ce qui se passe aux autres chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

"Il y a quelques jours, j'ai dit que la confiance était abimée, ce soir elle n'a pas été réparée", a indiqué Charles Michel. "C'est maintenant ou jamais!"

Un accord "possible", "nécessaire" mais "la balle est clairement dans le camp" d'Athènes

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a jugé mercredi un accord avec la Grèce "possible", "nécessaire" mais dépendant de la capacité d'Athènes à présenter des propositions de réformes crédibles aux yeux de ses partenaires de la zone euro.

"D'ici à dimanche, une solution doit être trouvée, je crois qu'elle peut l'être (...) Oui, un accord est possible, oui il est nécessaire", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision publique française France 2. "La balle, elle est clairement dans le camp des autorités grecques", a-t-il ajouté.

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