Diango Cissoko, nouveau Premier ministre du Mali

12/12/12 à 13:47 - Mise à jour à 13:47

Source: Le Vif

Après la démission forcée de Cheick Modibo Diarra, le Président par intérim Dioncounda Traoré a nommé pour lui succéder le médiateur de la République, Diango Cissoko. Un remplacement qui illustre le pouvoir des militaires putschistes hostiles à une intervention étrangère au Nord Mali.

Diango Cissoko, nouveau Premier ministre du Mali

© AFP

Le Mali a un nouveau Premier ministre. Diango Cissoko a été nommé mardi soir par le Président par intérim, Dioncounda Traoré, après la démission forcée de son prédécesseur, Cheick Modibo Diarra. Celui-ci avait été arrêté la nuit précédente par d'anciens officiers putschistes, hostiles à une intervention étrangère contre les islamistes qui occupent le Nord du Mali.

Diango Cissoko, 62 ans, était médiateur de la République depuis mai 2011. "La priorité, c'est la récupération du nord et l'organisation des élections. Je veux faire un gouvernement d'union nationale", a-t-il déclaré mardi soir. De son côté, l'ex-Premier ministre se trouvait mardi en résidence surveillée chez lui à Bamako, selon ses proches. Il a annoncé à l'aube sa démission et celle de son gouvernement, après avoir été arrêté dans la nuit par une vingtaine de militaires, sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l'ex-junte qui avait renversé en mars le président Amadou Toumani Touré.
Ce départ forcé survient au lendemain de la décision de l'Union européenne d'envoyer au Mali 400 militaires début 2013 pour former l'armée malienne, en vue de rétablir le contrôle de Bamako sur le Nord du pays, occupé depuis huit mois par des islamistes armés. Un feu vert de l'ONU est attendu avant Noël.

Le capitaine Sanogo a démenti être "opposé" au déploiement d'une force internationale dans le nord du Mali. "Nous en avons besoin tant que ça peut sauver des populations maliennes", a-t-il déclaré. Il a également assuré que Cheick Modibo Diarra "n'est ni arrêté ni en résidence surveillée". Le Mali et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'autoriser rapidement le déploiement d'une force internationale de 3 300 hommes dans le pays.

Réprobation internationale

Cette démission, sous la pression des putschistes, a suscité la réprobation en Afrique et en Occident. La Cédéao "condamne tout agissement, en particulier celui de militaires, contre toute personnalité de la transition" au Mali, a déclaré à Abidjan le président de la commission de cette organisation, Désiré Kadré Ouédraogo.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit "prêt à envisager des mesures appropriées, dont des sanctions ciblées contre ceux qui empêchent la restauration de l'ordre constitutionnel et agissent pour miner la stabilité du Mali". Sur la même ligne, le département d'Etat américain a "condamné cet acte", et exhorté la junte militaire" à "cesser ses ingérences perpétuelles dans les affaires politiques et gouvernementales maliennes", un avis partagé par l'Union Europréenne. La France a ainsi demandé la formation rapide d'un "nouveau gouvernement représentatif".

Ce nouvel épisode de la crise au Mali prouve la fragilité des autorités civiles de transition. La France et les Africains souhaitent une adoption rapide à l'ONU de la résolution sur le déploiement de la force internationale, mais Washington doute des capacités du Mali et de ses voisins à mener à bien l'opération.

LeVif.be avec Belga

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