Di Rupo: "Pour l'avenir, il y a une certitude, c'est la réduction des moyens financiers de l'UE"

23/11/12 à 18:58 - Mise à jour à 18:58

Source: Le Vif

Le Premier ministre belge Elio Di Rupo a averti vendredi que la réduction des paiements européens était inéluctable au vu de l'évolution des tractations budgétaires entre le 27. "Pour l'avenir, il y a une certitude, c'est la réduction des moyens financiers de l'UE", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Di Rupo: "Pour l'avenir, il y a une certitude, c'est la réduction des moyens financiers de l'UE"

© Image Globe

A l'issue de deux jours de négociations qui n'ont pas permis de dégager un accord sur le montant global des dépenses européennes entre 2014 et 2020, Di Rupo a refusé de pointer du doigt le Royaume-Uni, principal partisan d'une réduction drastique des dépenses. "Ce serait un mensonge" d'isoler Londres, a-t-il dit, faisant état d'une "diversité d'opinions".

"Tout le monde a l'esprit européen, mais tout le monde a aussi les pieds, et parfois le corps entiers, dans les préoccupations nationales", a ajouté le Premier ministre.

Interrogé sur les nouvelles coupes de 30 milliards exigées par Londres et d'autres pays, qui veulent ramener à environ 940 milliards le budget total de l'UE pour la période 2014-2020, M. Di Rupo s'est voulu prudent. Sans exclure que le budget soit raboté, il a répété sa préférence pour "un budget plus ambitieux malgré les difficultés que nous avons dans nos pays".

Et quant aux réductions de salaires dans la fonction publique européenne, mise en avant par le Premier ministre britannique David Cameron, M. Di Rupo y voit "un élément parmi d'autres". "On ne peut pas dire à tout le monde 'serrez votre ceinture' et prendre de l'embonpoint", a-t-il jugé.

Cameron: "le gel des dépenses européennes est .raisonnable"

De son côté, le Premier ministre britannique David Cameron, coupable idéal de l'échec du sommet budgétaire européen, a défendu vendredi devant la presse sa demande "raisonnable" de geler les dépenses de l'Union européenne. "Un gel ne se traduirait pas aucune difficulté dans les Etats membres", a-t-il dit, appelant les institutions européennes à couper dans leurs dépenses de fonctionnement. Affirmant que son gouvernement avait réduit d'un tiers le budget administratif national et le personnel de 10%, M. Cameron a appelé l'Europe à se serrer la ceinture. "Bruxelles continue d'exister comme dans un univers parallèle", a-t-il dit, accusant la Commission de n'avoir proposé "pas un euro d'économie".

Pour le chef du gouvernement britannique, l'Europe peut réduire le budget des programmes liés à la Justice, mais surtout les coûts administratifs. Il a dénoncé les "primes d'expatriation versées aux fonctionnaires européens même s'ils vivent à Bruxelles depuis trois décennies", "les "promotions automatiques" ainsi que des droits à pension jugés trop importants.

Malgré ces attaques habituelles contre "Bruxelles", M. Cameron a quelque peu arrondi les angles de sa communication, en affichant une certaine compréhension pour les pays soucieux de préserver les fonds agricoles et de cohésion. "Je veux aussi un bon accord pour l'Union européenne", a-t-il dit.

Pour la suite des négociations, le Royaume-Uni demandera de nouvelles coupes dans le budget européen, mais il pourra se satisfaire d'un gel des dépenses, a-t-il encore indiqué. Il a par ailleurs exclu de toucher au rabais britannique, qui permet à Londres de réduire sa contribution à l'UE.

Belga

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