Deux athlètes russes s'embrassent pour protester contre les lois homophobes de Poutine

18/08/13 à 13:36 - Mise à jour à 13:36

Source: Le Vif

Deux des quatre athlètes russes qui ont gagné l'or aux Championnats du Monde de Moscou se sont embrassées sur le podium.

Deux athlètes russes s'embrassent pour protester contre les lois homophobes de Poutine

© Reuters

Les athlètes ne se sont pas exprimées sur leur geste, mais il s'agit probablement d'une défiance à l'égard des nouvelles lois anti-homos de Poutine. Si ce n'est qu'un baiser de la victoire "à la russe", l'image reste hautement symbolique.

Deux des quatre athlètes russes qui ont gagné l'or du 4x400 mètres aux Championnats du Monde de Moscou, se sont probablement servies de leur cérémonie de remise de médaille pour protester contre les lois anti-homosexuels russes. Elles se sont embrassées sur la bouche, alors qu'en Russie la "propagande de l'homosexualité" est interdite.

Ce geste symbolique fait suite au tollé provoqué par une autre athlète russe, Yelena Isinbayeva, qui a parlé en faveur de ces lois homophobes lors d'une interview en anglais.

Elle a cependant nié avoir soutenu ces lois controversées. Ses propos auraient été "mal compris", parce que l'anglais n'est pas sa langue maternelle. "Ce que je voulais dire, c'est que les gens doivent respecter les lois d'un pays. Surtout s'ils sont en quelque sorte invités. Mais permettez-moi d'être claire (...). Je suis contre toute discrimination à l'encontre des personnes LGBT (...)"

À cause des deux nouvelles lois de Poutine, le débat sur le boycott des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi fait rage.

L'homophobie est largement répandue en Russie, où l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999. Récemment, plusieurs cas de meurtres de personnes commis en raison de leur homosexualité ont été recensés dans ce pays.

Selon un sondage de l'institut Vtsiom dont les résultats ont été publiés en juin, 88 % des Russes soutiennent l'interdiction de la "propagande" homosexuelle. Par ailleurs, 54 % des Russes pensent qu'il faut punir l'homosexualité.

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