Des syndicalistes aux militants de l'extrême droite, la France est dans la rue

01/05/12 à 12:09 - Mise à jour à 12:09

Source: Le Vif

Syndicalistes, militants de gauche, partisans de Nicolas Sarkozy et activistes du Front national de Marine Le Pen sont tous dans la rue mardi pour un 1er mai très politique à cinq jours de la présidentielle, sur fond de forte tension entre le président candidat et les syndicats.

Des syndicalistes aux militants de l'extrême droite, la France est dans la rue

© Image Globe

A l'appel de cinq syndicats - CGT, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires - les salariés vont manifester dans 289 défilés dans tout le pays pour la fête traditionnelle des travailleurs, tombée une nouvelle fois entre les deux tours de la présidentielle.

"Il y a une importance particulière à ce que les cortèges syndicaux soient particulièrement fournis aujourd'hui", a affirmé le leader de la CGT Bernard Thibault.

Selon lui, ce 1er mai a une "symbolique particulière" par le fait que Nicolas Sarkozy a voulu "pour la première fois baliser le terrain à sa manière", en organisant un rassemblement concurrent au Trocadéro en début d'après-midi pour célébrer la "vraie fête du travail" après avoir évoqué le "vrai travail".

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, s'en est pris au président candidat: "A partir du moment où on a voulu diviser les Français, entre ceux qui avaient le +faux travail+", c'est-à-dire "les assistés, les fonctionnaires, et de l'autre côté ceux qui avaient le +vrai travail+, inévitablement c'était une provocation vis-à-vis des salariés", a-t-il dit.

Malgré leurs divergences - Bernard Thibault a appelé à battre Nicolas Sarkozy et a dit clairement mardi qu'il voterait pour François Hollande le 6 mai, tandis que François Chérèque se dit non partisan - les deux leaders conduiront côte à côte le défilé parisien qui démarrera place Denfert-Rocherau à 15H00.

En retard dans les sondages, Nicolas Sarkozy, qui attend plusieurs dizaines de milliers de militants à son rassemblement au Trocadéro, auquel participeront des ténors de la droite comme Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, a expliqué dès la matinée le sens de son initiative qui vise à exalter "la valeur travail".

"On ne peut s'en sortir que par le travail", a-t-il dit en l'opposant une nouvelle fois à l'assistanat et à ceux qui cumulent "des allocations" et gagnent "autant" que les ouvriers. Le rassemblement du Trocadero n'est pas un "match avec les syndicats ou avec qui que ce soit" mais un "grand rendez-vous politique autour de la question du travail", a assuré Jean-François Copé, patron de l'UMP.

Prenant le contre-pied de son rival, le candidat PS François Hollande ne sera pas dans la rue mais à Nevers pour commémorer la mort de Pierre Bérégovoy.

A Paris le bal des défilés est ouvert par Marine Le Pen, qui se dit "le centre de gravité politique" de cette élection. Elle devait conduire à partir de 10H00 le cortège frontiste du 1er mai, devenu traditionnel, jusqu'à la Place de l'Opéra où elle livrera sa consigne de vote pour le second tour.

Elle devrait renvoyer dos-à-dos les deux finalistes, des "siamois en politique", dit-elle, mais sa tâche sera ardue alors que plus de la moitié (54%) de ses 6,4 millions d'électeurs du premier tour ont l'intention de voter pour Sarkozy, et 14% pour Hollande, selon un dernier sondage IPSOS.

Les syndicats veulent cantonner les slogans aux revendications sociales: emploi, pouvoir d'achat, lutte contre "le racisme et la xénophobie", mais les défilés auront forcément une connotation politique avec la mobilisation des partis de gauche et la présence de leurs leaders - comme Martine Aubry, Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon - au défilé parisien.

Près de 1.500 policiers sont déployés mardi dans Paris pour assurer la sécurité de ce 1er mai particulier.

La CFE-CGC ne participera pas aux manifestations de même que la CFTC pour qui "le sens originel de la Fête du Travail est, cette année, complètement détourné".

Force ouvrière organise des rassemblements séparés. "Je préfère que le 1er mai reste purement syndical", ce "1er mai 2012 est très très politisé", a affirmé depuis Tunis son leader Jean-Claude Mailly.

Avec Belga

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