Des milliers de réfugiés victimes d'un trafic d'organes en Egypte

19/09/17 à 10:11 - Mise à jour à 10:11
Du LeVif/l'Express du 15/09/17

Un rein, un bout de foie... Dans les bas-fonds du Caire, les réfugiés qui rêvent de rejoindre l'Europe sont les principales victimes d'un trafic d'organes lucratif, que les autorités ne parviennent pas à endiguer.

Dans un appartement modeste de la grande périphérie du Caire, où il vit désormais, Wahib (1) rechigne à évoquer son histoire. Pour lui, le cauchemar a commencé il y a sept ans. Originaire du Soudan, il est alors fonctionnaire au ministère des Investissements, à Khartoum, la capitale. A son bureau, jour après jour, il découvre de multiples affaires de corruption. Devenu un témoin gênant, il est jeté en prison, où une connaissance lui propose un marché : Wahib sera muni de faux papiers et envoyé en Egypte s'il accepte de faire sortir trois femmes du pays avec lui, en avion. Il lui suffira de prétendre qu'elles sont ses épouses. " Je n'avais pas le choix ", explique Wahib. Il accepte et, quelques semaines plus tard, le voici au Caire. Libre, mais sans papiers. A peine arrivé, rongé par l'angoisse et pris de panique, il se plaint de maux de ventre et supplie son passeur de le transporter à l'hôpital : " D'examen en examen, j'ai reçu des explications auxquelles je n'ai rien compris. Ils ont fini par m'opérer. " Quelques jours plus tard, il est abandonné dans un appartement miteux, d'où il est expulsé peu après. Dans un bidonville du Caire, cette ville tentaculaire qu'il découvre, un compatriote lui apprend l'impensable : " Tout le monde dans le quartier, sauf moi, savait ce qui s'était produit pendant l'opération... Ils m'avaient prélevé un rein. " Des radiographies confirment la nouvelle.
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