Des armes auraient été découvertes chez l'ambassadeur palestinien tué à Prague

03/01/14 à 08:05 - Mise à jour à 08:05

Source: Le Vif

D'après l'hebdomadaire Respekt, des mitraillettes et autres armes illégales auraient été découvertes au domicile de l'ambassadeur, alors que l'origine de l'explosion qui lui a coûté la vie reste mystérieuse.

Des armes auraient été découvertes chez l'ambassadeur palestinien tué à Prague

© Reuters

La police a découvert jeudi des armes chez l'ambassadeur palestinien à Prague, où les enquêteurs tchèques et les experts palestiniens poursuivaient leurs investigations pour tenter d'éclaircir le mystère de l'explosion qui a tué mercredi ce diplomate. Jamal al-Jamal, 56 ans, a été mortellement blessé, notamment à la tête et à la poitrine, lors de la déflagration.

"Je ne peux pas dire précisément quelles armes nous avons trouvées. Nous pouvons dire qu'elles n'ont pas été enregistrées en République tchèque", a déclaré le chef de la police Martin Vondrasek sur la radio publique. "La déflagration a été le résultat d'une manipulation maladroite d'un explosif", a-t-il indiqué, en excluant un acte terroriste.

Mitraillettes et autres armes illégales

L'hebdomadaire tchèque à grand tirage Respekt a affirmé jeudi sur son site internet, en citant des sources policières anonymes, que la police avait découvert des mitraillettes et d'autres armes illégales, de quoi équiper une unité de combat de dix hommes. Selon le journal, l'ambassadeur Jamal al-Jamal aurait probablement manipulé maladroitement une "bombe" qui se trouvait dans son coffre-fort.

Mais la porte-parole de la police tchèque, Andrea Zoulova, a démenti cette possibilité. "Une bombe, cela n'a pas de sens. Je ne dirais certainement pas cela", a-t-elle dit à l'AFP. Selon elle, l'explosion a été "causée par un système explosif anti-vol, placé sur la porte du coffre-fort". Dans une interview jeudi à la radio Voice of Palestine, le chef de la diplomatie de l'Autorité palestinienne Riyad al-Malki a déclaré que l'explosion était d'origine accidentelle, évoquant lui aussi un système anti-vol. "Le coffre-fort était vieux et conçu pour qu'une ouverture réalisée de manière incorrecte déclenche le système explosif attaché à sa porte, et c'est ce qui est arrivé", a déclaré M. Malki, en excluant tout "soupçon de crime".

L'origine de l'explosion reste mystérieuse

Toutefois, le porte-parole de l'ambassade palestinienne à Prague, Nabil al-Fahel, a estimé que le coffre-fort n'était probablement pas équipé d'un tel système. "On peut supposer qu'il n'y avait pas de système anti-vol. Le coffre-fort était assez ancien, il avait été acheté au milieu des années 1980 et, selon nos informations, il n'était pas équipé d'un système anti-vol intégré", a-t-il dit à l'AFP.

"Mystère", titrait à la Une jeudi le grand quotidien tchèque DNES. La police tchèque travaille avec une équipe spéciale palestinienne qui est arrivée à Prague mercredi. Un expert tchèque, Andor Sandor, un ancien chef des services secrets militaires, estime que "l'administration palestinienne devrait s'expliquer sur de nombreuses questions concernant l'explosion". "Il faudrait également savoir s'ils ont beaucoup d'autres coffres-forts de ce type sur le territoire tchèque, dans leurs appartements, et qui se charge d'installer de tels équipements", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a estimé que l'hypothèse d'un attentat était "très improbable". "Je ne vois pas qui aurait pu le faire et dans quel but. Pourquoi les Israéliens commettraient-ils un crime sur le territoire d'un pays qui est un grand partisan d'Israël?", s'est-il interrogé. "Et une attaque du Hamas ne semble pas non plus réaliste", a-t-il ajouté.

Né en 1957 à Beyrouth au sein d'une famille palestinienne qui s'y était installée après la création de l'Etat d'Israël, Jamal al-Jamal, avait rejoint le Fatah en 1975. Il avait occupé des postes dans les missions diplomatiques palestiniennes en Bulgarie et dans l'ex-Tchécoslovaquie. Il avait pris ses fonctions d'ambassadeur de l'Autorité palestinienne à Prague le 11 octobre, après avoir été consul à Alexandrie, en Egypte, à partir de 2005.

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