Dernier débat entre candidats à la présidence de la Commission européenne

16/05/14 à 07:15 - Mise à jour à 07:15

Source: Le Vif

Les cinq candidats déclarés à la présidence de la Commission européenne se sont affrontés une dernière fois jeudi soir dans un débat retransmis par une cinquantaine de télévisions et radios en Europe.

Dernier débat entre candidats à la présidence de la Commission européenne

© AFP/John Thys

Le débat a commencé par un hommage à Jean-Luc Dehaene, eurodéputé depuis 2004 après avoir été Premier ministre belge de 1992 à 1999, qui est décédé jeudi à l'âge de 73 ans.

Durant 90 minutes, Jean-Claude Juncker (Parti populaire européen), Martin Schulz (Parti socialiste européen), Guy Verhofstadt (libéraux), Ska Keller (Verts) et Alexis Tsipras (Gauche européenne) ont donné leurs points de vue, en environ une minute chacun, sur l'austérité, l'Ukraine, l'immigration, le chômage des jeunes, les symboles religieux ou les raisons qui devraient pousser à voter pour l'un plutôt que pour les autres.

Si Jean-Claude Juncker et Guy Verhofstadt se sont dits partisans d'un maintien de la rigueur budgétaire, le Grec Alexis Tsipras a rejeté en bloc l'austérité en appelant à un "New Deal" pour l'Europe, tandis que Ska Keller rappelait que les déficits publics ont été creusés par les banques. "En Grèce ou en Italie, les déficits ont été causés par les politiques publiques", a rétorqué Guy Verhofstadt.

Alexis Tsipras s'en était pris avec virulence au chef de file des libéraux européens. "Les idées de M. Verhofstadt n'ont rien de neuf, elles sont même à la base de la crise de 2009 et de la bulle aux Etats-Unis", a-t-il commenté.

Pour une politique commune et cohérente d'immigration

Tous ont plaidé pour que l'Union européenne puisse élaborer une politique commune et cohérente d'immigration, comme le font les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie. "L'Europe, ça doit être la solidarité", a estimé Alexis Tsipras. Les candidats ont regretté que les pays européens n'accueillent pas plus de réfugiés syriens.

Les cinq candidats ont assuré que le futur président de la Commission se trouvait parmi eux. "Si le Conseil n'entend pas le message de ces élections-ci, plus personne n'ira voter en 2019", a mis en garde Jean-Claude Juncker. "Ce serait impensable!", a pour sa part asséné Guy Verhofstadt. "Si le Conseil européen vient avec son propre candidat, il ne réunira aucune majorité au Parlement européen car personne ne voudra voter pour lui", a pour sa part déclaré Martin Schulz.

Hommage à Jean-Luc Dehaene

Le débat, retransmis partout en Europe depuis l'hémicycle du Parlement européen à Bruxelles, avait commencé par un hommage à Jean-Luc Dehaene, décédé plus tôt dans la journée. Guy Verhofstadt a salué "un grand homme et un grand Européen", avant que le public n'applaudisse la mémoire de l'eurodéputé et ancien Premier ministre belge.

La joute de jeudi soir ponctue, à dix jours des élections, une série de débats tenus dans différentes villes. C'était cependant le premier à réunir les cinq candidats portés par les groupes politiques au Parlement européen. Il intervient alors qu'on annonce un taux record d'abstention et une poussée des eurosceptiques.

Les citoyens étaient invités à participer au débat en posant leurs questions via les réseaux sociaux et le hashtag #tellEurope. Plus de 63.000 tweets mentionnant ce mot-clé ont été enregistrés durant les 90 minutes de la discussion.

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