De nouvelles sanctions déclencheraient une "contre-offensive" de la Corée du Nord

06/09/17 à 06:44 - Mise à jour à 07:56

Source: Afp

De nouvelles sanctions contre la Corée du Nord donneront lieu à une "contre-offensive" provoquant des "conséquences catastrophiques", selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères du régime isolé.

De nouvelles sanctions déclencheraient une "contre-offensive" de la Corée du Nord

© AFP

"Nous répondons aux sanctions haineuses et à la pression des Etats-Unis avec notre propre mode de contre-offensive et les USA seront pleinement responsables de ces conséquences catastrophiques", a affirmé le ministère, dans une déclaration relayée par l'agence de presse étatique KCNA.

Selon la diplomatie nord-coréenne, depuis l'arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, les USA sont devenus plus "téméraires", ne laissant pas d'autre option à la Corée du Nord que "de redoubler d'efforts pour renforcer la force nucléaire de l'État".

"Les Etats-Unis ne devraient pas oublier un seul instant la présence de la République populaire de Corée (du nord, ndlr), de la puissance nucléaire détenant des appareils balistiques intercontinentaux (ICBM) ainsi que de la bombe-A et de la bombe-H", poursuit la déclaration.

Puissance de l'essai nucléaire encore révisée en hausse

L'essai nucléaire nord-coréen de dimanche a dégagé une puissance désormais estimée à 160 kilotonnes, soit plus de dix fois celle de la bombe américaine lancée sur Hiroshima en 1945, a affirmé mercredi le ministre japonais de la Défense, sur la base d'informations d'un organisme international.

Le Japon avait initialement relayé une évaluation égale à 70 kilotonnes pour l'énergie produite par l'explosion de la bombe testée par Pyongyang. Puis, s'appuyant sur des chiffres de l'Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO en anglais), il l'a relevée mardi soir à 120 kilotonnes.

Mercredi matin, le ministre Itsunori Onodera a expliqué que les derniers calculs du CTBTO aboutissaient à un résultat encore supérieur, "d'environ 160 kilotonnes", contre 15 kilotonnes pour la bombe larguée le 6 août 1945 sur la ville japonaise de Hiroshima et qui a fait 140.000 morts. "Ces calculs reposent sur la prise en compte d'un séisme de magnitude estimée à 6,1 provoqué par la déflagration", a précisé le ministre devant les caméras de télévision.

Cette valeur de 160 kilotonnes dépasse largement l'estimation faite au Conseil de sécurité des Nations unies par le chef des Affaires politiques de l'Onu, Jeffrey Feltman, qui a évoqué une fourchette de 50 à 100 kilotonnes. Des responsables sud-coréens ont de leur côté jugé que la bombe avait une puissance estimée à 50 kilotonnes.

Après ce sixième essai nucléaire de Pyongyang, le plus puissant à ce jour, les Etats-Unis, avec leurs alliés européens et japonais, ont annoncé lundi négocier à l'Onu de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, mais la position de la Chine et de la Russie, qui disposent d'un droit de veto, restait incertaine.

Pyongyang pourrait avoir désormais la capacité de mettre une bombe atomique sur un missile pouvant atteindre les Etats-Unis mais les Occidentaux n'en ont pas pour le moment la certitude absolue.

Le président russe Vladimir Poutine a fermement mis en garde mardi contre toute "hystérie militaire" pour contrer le régime de Kim Jong-Un, agitant la menace d'une "catastrophe planétaire" face aux Etats-Unis qui ont évoqué "une réponse militaire massive".

L'essai a provoqué des glissements de terrain

L'essai nucléaire mené dimanche par la Corée du Nord a provoqué des glissements de terrain dans la zone de la déflagration et au-delà, comme en témoignent des images satellite publiées mercredi qui ne montrent cependant pas de cratère consécutif à un effondrement.

Le sixième test nucléaire nord-coréen a provoqué un séisme de magnitude 6,3, selon les sismologues américains. Il a été suivi peu après par une secousse de 4,1, ce qui a fait naître des questions sur la possibilité d'un effondrement sur le site et de la diffusion potentielle de matériaux radioactifs dans l'atmosphère.

Pyongyang a assuré avoir testé une bombe à hydrogène suffisamment petite pour être montée sur un missile, suscitant un déluge de condamnations et aggravant des tensions qui étaient déjà à des sommets.

Le site 38 North de l'Université Johns Hopkins à Washington a publié des images satellite, datant de lundi, qui montrent des changements à la surface de Punggye-ri, le principal site des essais nucléaires nord-coréen. Le terrain a été soulevé dans les airs, des petits glissements de terrain ont charrié des matériaux dans le lit de ruisseaux.

"Ces perturbations sont plus nombreuses et plus étendues que lors des cinq essais menés auparavant par la Corée du Nord", écrivent les spécialistes de 38 North. "Ils ne semble pas y avoir de signe d'un cratère d'affaissement comme suggéré par la réplique postérieure à l'essai".

L'agence sud-coréenne de la sécurité nucléaire a expliqué mercredi qu'elle n'avait décelé aucune trace de matériaux radioactifs dans des échantillons d'air, de terre et d'eau prélevés après le test.

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