Dans l'enfer des prisons égyptiennes

02/10/13 à 08:38 - Mise à jour à 08:38

Source: Le Vif

Deux lettres écrites par un Américain et deux Canadiens incarcérés au Caire après les manifestations contre le coup d'état du 3 juillet révèlent l'enfer des prisons égyptiennes.

Dans l'enfer des prisons égyptiennes

© REUTERS

"Dormir comme des sardines sur le ciment avec des cafards", être "déshabillés et battus avec des matraques" ou boire "l'eau boueuse du Nil" font actuellement partie du lot quotidien de trois Nord-Américains. La lettre de deux Canadiens, le cinéaste John Greyson et le médecin Tarek Loubani, ainsi que celle de l'Américain Mohamed Soltan, détenus au Caire depuis un mois et demi, ont respectivement été publiées dimanche et lundi par le New York Times.

Des conditions d'incarcérations "absurdes"

Arrêtés lors des manifestations qui ont agité l'Egypte après le coup d'état du 3 juillet dernier mettant fin à la présidence de Mohamed Morsi, les trois hommes reviennent sur leurs "absurdes" conditions d'incarcération.

Mohamed Soltan, appréhendé le 14 août dernier, raconte ainsi avoir été placé dans une pièce surnommée le Frigo, "sans chaise, banc, fenêtre ni lumière". Malgré une blessure par balle au bras infligée lors d'une manifestation peu avant son interpellation, ce prisonnier de 25 ans n'a reçu aucun soin. Il affirme en revanche avoir vu l'un de ses codétenus mourir d'une crise cardiaque sans que personne ne bouge.

"Giflés, battus, ridiculisés" John Greyson et Tarek Loubani incarcérés le 16 septembre après avoir tenté de se rendre dans la bande de Gaza, partagent quant à eux, une cellule de 3,5 m sur 5,5 m avec six autres détenus.

Les deux hommes résument ainsi leur 54 jours derrière les barreaux : "arrêtés, fouillés, incarcérés, interrogés, filmés avec 'un terroriste syrien', giflés, battus, ridiculisés, confinés, coupés de tout contact téléphonique, rasés, déshabillés, accusés d'être des mercenaires étrangers".

Ecroués sans être jugés

Pour protester contre cette détention arbitraire, ils ont entamé une grève de la faim, le 16 septembre dernier.

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, à exhorté l'Egypte à libérer ses concitoyens lundi. Des pétitions en soutiens au trois détenus occidentaux ont également été signées par plus de 150 000 personnes. Cependant les trois Nord-Américains qui clament leur innocence attendent toujours de passer en jugement.

Hélène Pillon

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