Damas, principal responsable des exactions en Syrie

08/04/14 à 22:15 - Mise à jour à 22:15

Source: Le Vif

Le régime syrien est le "principal responsable" des exactions commises dans le pays et le Conseil de sécurité de l'ONU doit saisir la Cour pénale internationale, a de nouveau enjoint mardi la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navanethem Pillay.

Damas, principal responsable des exactions en Syrie

© Reuters

Tout en rappelant que ses services avaient fait état de violations des droits de l'homme tant de la part de l'opposition armée que des forces gouvernementales, Navi Pillay a souligné devant la presse qu'"on ne peut pas comparer les deux camps (..) c'est le gouvernement qui est le principal responsable des violations". Parallèlement aux négociations de paix dites de Genève entre pouvoir et opposition, actuellement suspendues, a ajouté Mme Pillay, "il faut que justice soit rendue (..), que l'impunité cesse".

Elle a rappelé devant les journalistes qu'elle avait demandé pour la première fois la saisie de la Cour pénale internationale (CPI) en août 2011, au début du conflit en Syrie. Damas n'ayant pas adhéré à la CPI il faudrait une résolution du Conseil pour que la Cour soit saisie, ce qui est hautement improbable étant donné la protection dont le régime bénéficie de la part de la Russie et de la Chine.

Selon des diplomates, les Occidentaux, notamment la France et le Royaume-Uni, réfléchissent cependant à la possibilité de déposer d'ici fin avril un projet de résolution saisissant la CPI. Même s'il est certain que Moscou y mettra son veto, cette initiative permettrait d'accroître la pression sur Damas. Les mêmes diplomates soulignent que la composition du Conseil est propice, car il compte actuellement onze pays sur quinze ayant adhéré à la CPI.

Afin de préparer le terrain, la France a diffusé officiellement jeudi dernier à ses partenaires le "rapport César", un document contenant plusieurs milliers de photos de détenus morts apparemment sous la torture dans les prisons du régime, prises par un photographe passé à la clandestinité. Paris prévoit aussi d'organiser une réunion informelle à l'ONU autour de ce document.

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