Daesh affirme avoir brûlé vif le pilote jordanien

03/02/15 à 19:44 - Mise à jour à 22:04

Source: Belga

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a diffusé mardi une vidéo d'un homme en train d'être brulé vif dans une cage et affirmé qu'il s'agissait du pilote jordanien capturé après le crash de son avion en Syrie le 24 décembre. Cette exécution remonte au 3 janvier, a affirmé la télévision officielle du royaume peu après la diffusion de la vidéo de l'EI.

Daesh affirme avoir brûlé vif le pilote jordanien

Safi al-Kassasbeh, le père du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh (le portrait), qui a été capturé par l'Etat islamique © BELGAIMAGE/Khalil Mazraawi

L'armée jordanienne a de son côté promis de venger la mort de son pilote Maaz al-Kassasbeh, qui menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale anti-jihadistes lorsqu'il a été fait prisonnier par les jihadistes.

Sur les images insoutenables de cette vidéo de 22 minutes, on le voit, vêtu d'une tenue orange, avancer parmi des ruines au milieu d'hommes en tenue militaire, masqués et armés.

Alors que Kassasbeh est enfermé dans une cage en métal, un de ces hommes, présenté comme un "émir d'une région bombardée par la coalition des croisés", prend une torche et met le feu à de l'essence. Les flammes se propagent alors jusqu'à la cage. Le supplicié cherche en vain à se protéger, se débat avant d'être transformé en une boule de feu. Un tracteur déverse ensuite des gravas sur la cage, qui s'affaisse.

Dans un bandeau incrusté à l'antenne, la télévision jordanienne a assuré que le "martyre du pilote Kassasbeh" datait du "3 janvier".

Dans la vidéo, l'EI donne en outre le nom, les photos et les adresses de pilote jordaniens et déclare offrir une récompense de "100 pièces en or" à ceux qui tueraient ce qu'il appelle un "pilote croisé".

La Jordanie avait affirmé dimanche sa détermination "à tout faire" pour sauver la vie de son pilote prisonnier et avait également "vivement" condamné l'exécution, la veille par l'EI, d'un second otage japonais, capturé en Syrie.

Depuis plusieurs jours, Amman exigeait une preuve que son pilote était vivant avant d'envisager de libérer, comme l'exigeait l'EI, une prisonnière irakienne condamnée à mort pour son implication dans des attentats meurtriers en Jordanie en 2005.

La "barbarie" de l'Etat islamique

Le président des Etats-Unis Barack Obama a estimé mardi que si l'authenticité de la vidéo du pilote jordanien brulé vif dans une cage était avérée, elle serait une nouvelle preuve de la "barbarie" de l'organisation Etat islamique.

"Si cette vidéo est authentique, il s'agit d'une nouvelle indication de la cruauté et de la barbarie de cette organisation", a déclaré Obama, appelant à redoubler de "vigilance et de détermination" pour lutter contre cette dernière. "Cette organisation ne s'intéresse qu'à la mort et à la destruction", a-t-il ajouté, interrogé sur cette vidéo à l'occasion d'une brève allocution sur la réforme du système de santé aux Etats-Unis.

Peu avant, la Maison Blanche avait indiqué que les services de renseignement travaillaient pour "confirmer l'authenticité" de cette vidéo et réaffirmé sa solidarité avec le peuple jordanien.

L'EI occupe de larges portions de territoire en Irak et en Syrie, où ses jihadistes ont commis de nombreuses exactions, dont des décapitations d'otages, notamment occidentaux.

L'ONU accuse l'organisation ultra-radicale sunnite de crimes de guerre et de crimes contre l'Humanité.

Amman exécutera mercredi la jihadiste irakienne réclamée par l'EI

La jihadiste irakienne emprisonnée en Jordanie et réclamée par le groupe Etat islamique sera exécutée mercredi, a indiqué mardi un responsable de la sécurité, peu après qu'Amman eut menacé l'EI d'une riposte "terrible" à la suite de l'exécution de son pilote.

"La peine de mort à l'encontre de (...) l'Irakienne Sajida Al-Rishawi sera exécutée demain à l'aube", a indiqué à l'AFP une source de sécurité jordanienne s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Elle avait été condamnée à mort pour sa participation à des attentats meurtriers en 2005 à Amman.

Un nouvel acte de "barbarie" unanimement condamné

Le groupe jihadiste Etat islamique a franchi un nouveau palier dans l'horreur en diffusant mardi une vidéo présentée comme la mort d'un pilote jordanien, brulé vif dans une cage, un acte auquel Amman va répondre en exécutant une jihadiste réclamée par l'EI.

Le président américain Barack Obama, dont le pays mène une coalition en guerre contre l'EI en Syrie et en Irak, a estimé que si l'authenticité de la vidéo était avérée, elle serait une nouvelle preuve de la "barbarie" de l'EI.

Le roi Abdallah II de Jordanie, en visite à Washington, a écourté son voyage pour revenir dans son pays, selon la télévision officielle.

Cette video intervient trois jours après l'annonce par l'EI de la décapitation d'un otage japonais, Kenji Goto, une semaine après la mort dans les mêmes circonstances d'un autre ressortissant de ce pays, Haruna Yukawa.

Peu après l'annonce de la mort du pilote, une source de sécurité jordanienne a indiqué qu'une jihadiste irakienne emprisonnée en Jordanie et réclamée par l'EI, Sajida Al-Rishawi, serait exécutée mercredi.

L'EI avait dit ces derniers jours qu'il laisserait la vie sauve à Maaz al-Kassasbeh si Amman relâchait l'Irakienne mais les autorités jordaniennes réclamaient d'abord des preuves de vie de leur pilote.

"La peine de mort à l'encontre de Sajida Al-Rishawi sera exécutée demain à l'aube", a indiqué une source de sécurité jordanienne.

Cette Irakienne, condamnée à mort pour sa participation à des attentats meurtriers en 2005 à Amman, sera exécutée "avec l'Irakien Ziad Karbouli, un responsable de l'organisation Al-Qaïda, et des responsables d'attaques contre les intérêts jordaniens", a précisé cette source.

Sur les images de la vidéo diffusée par l'EI, un homme portant une tenue orange est enfermé dans une grande cage en métal.

Un homme masqué et armé, présenté comme un "émir d'une région bombardée par la coalition des croisés", prend une torche et met le feu à de l'essence. Les flammes se propagent jusqu'à la cage et le supplicié se transforme vite en une boule de feu.

Kassasbeh, un sous-lieutenant de 26 ans, avait été capturé fin décembre par l'EI après le crash de son avion en Syrie où son appareil participait aux frappes de la coalition contre l'EI.

La réponse de la Jordanie sera "terrible", a prévenu le ministre jordanien de l'Information Mohammad Momani, avant l'annonce de la future exécution de l'Irakienne.

"Celui qui doutait de la barbarie de l'organisation EI, en voici la preuve (...) et celui qui doutait de l'unité des Jordaniens, on lui prouvera le contraire", a ajouté M. Momani, également porte-parole du gouvernement.

Juste après la diffusion de la vidéo, la télévision officielle jordanienne a affirmé que cette exécution remontait au 3 janvier, une déclaration semblant indiquer qu'Amman était déjà au courant de la mort du pilote. Pour récupérer Sajida Al-Rishawi, le groupe jihadiste avait voulu se servir du pilote jordanien et des deux otages japonais capturés en Syrie.

Depuis plusieurs jours, Amman ne cessait de réclamer à l'EI une preuve que son pilote était vivant avant d'envisager de libérer Mme Rishawi.

Le ministère jordanien des Affaires religieuse a demandé aux Jordaniens de prier mercredi pour le pilote dans toutes les mosquées du pays.

Alors que la Maison Blanche a indiqué que les services de renseignement américains travaillaient pour "confirmer l'authenticité" de cette vidéo, le président Obama a appelé à redoubler de "détermination" pour lutter contre l'EI.

Le Premier ministre britannique David Cameron, dont le pays fait aussi partie de la coalition, a parlé d'un meurtre "effroyable", un "rappel de plus que l'EI est l'incarnation du mal".

Le commandant des forces militaires américaines au Moyen-Orient, le général Llyod Austin, a lui condamné un "meurtre sauvage" et promis de "combattre cet ennemi barbare".

Dans sa vidéo, l'EI donne le nom, les photos et les adresses de pilotes jordaniens de la coalition internationale et déclare offrir une récompense de "100 pièces en or" à ceux qui tueraient ce qu'il appelle un "pilote croisé".

Il y a trois jours, l'exécution du second otage japonais avait également soulevé une vague d'indignation dans la communauté internationale.

Le groupe Etat islamique, accusé de nettoyage ethnique et de crimes contre l'Humanité par l'ONU, a multiplié les exactions -décapitations, rapts, crucifixions- dans les régions sous son contrôle.

Didier Reynders condamne "le meurtre répugnant"

Le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a condamné mardi soir "le meurtre répugnant" du lieutenant jordanien Moaz al-Kasasbeh par le groupe terroriste ISIL.

Réagissant à la mise à mort du lieutenant par immolation, dans une cage, annoncée mardi par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), M. Reynders a présenté ses condoléances à la famille et aux amis de Moaz al-Kasasbeh ainsi qu'aux autorités et au peuple jordanien.

Le ministre des Affaires étrangères a dit espérer que les meurtriers seraient trouvés et traduits en justice. Selon Didier Reynders, "la Belgique continuera son engagement avec la communauté internationale pour lutter contre cette terreur barbare".

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