Croisière: nouveau fiasco un an après le Concordia

16/02/13 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Source: Le Vif

Un an après le tragique naufrage du Concordia, le numéro un mondial des croisières, l'américain Carnival, fait face à un nouveau fiasco médiatique qui révèle les travers de la croissance ultra-rapide du secteur ces dernières années.

Croisière: nouveau fiasco un an après le Concordia

© Reuters

Le paquebot endommagé Carnival Triumph a accosté jeudi à Mobile (Alabama, sud des Etats-Unis) à l'issue d'une croisière cauchemardesque pour quelque 4.000 passagers et membres d'équipage en détresse, après un moteur tombé en panne durant le week-end.

Les reportages se sont succédé dans le monde entier pendant toute la semaine sur les conditions sanitaires désastreuses à bord, avec des vivres rares, des sanitaires débordant d'excréments. L'incident rappelle celui de l'Allegra, paquebot de la filiale de Carnival Costa, en mars 2012: des centaines de passagers s'étaient alors retrouvés au large des Seychelles pendant trois jours dans un navire privé d'électricité, de toilettes et de nourriture chaude après un incendie.

Mais l'année 2012 avait commencé pour Carnival par un incident bien plus grave: en janvier, le Costa Concordia avait fait naufrage sur les côtes d'une île toscane avec 4.229 personnes à bord, dont 32 avaient péri. "Le casse-tête de relations publiques auquel fait face Carnival à cause des avaries sur son bateau rappelle aux investisseurs le désastre du Concordia en 2012" et celui de l'Allegra, souligne Standard & Poor's Capital IQ dans une note.

Mercredi, Carnival, plus gros croisiériste au monde avec 100 navires, a prévenu que ses résultats allaient en pâtir, évaluant à entre 8 et 10 cents par action au premier trimestre l'impact de la dernière péripétie sur ses comptes. Le site 247wallst.Com estime que l'annulation de 12 croisières, suite aux problèmes sur le Triumph, "va entraîner des résultats plus faibles que prévu sur deux trimestres", sans compter l'impact des annulations potentielles de réservations à cause de l'incident. S&P Capital IQ et Goldman Sachs ont abaissé leurs prévisions de performance pour l'action et les bénéfices du croisiériste. L'accident de cette semaine n'a eu qu'un impact modéré sur l'action, qui a perdu 4,6% à 36,92 dollars en cinq jours, alors qu'elle avait dévissé de 15%, tombant sous 30 dollars, la semaine ayant suivi le naufrage du Concordia.

S&P Capital IQ relativise aussi l'impact des problèmes du Triumph sur le titre de Carnival, en soulignant que le groupe a prévu un milliard de dollars de rachats d'actions cette année, ce qui devrait maintenir l'intérêt des investisseurs.

Les problèmes de Carnival, qui ont terni la réputation du secteur, ont pesé sur les comptes de l'américain Royal Caribbean Cruises, numéro deux mondial, qui a vu son bénéfice fondre de près de 30% en 2012, à cause du Concordia, de la crise économique en Europe et de l'ouragan Sandy aux Etats-Unis.

Ces dernières années, le marché a connu une très forte croissance: +7% par an en moyenne en nombre de passagers depuis 1990, d'après le site spécialisé Cruisewatch.com. Les bateaux sont devenus des géants sur mer. D'une capacité jusque-là de 2.500 passagers en moyenne, ils sont fréquemment remplacés par des paquebots de plus de 4.000 passagers, ce qui permet de baisser les prix et d'ouvrir ce style de voyages à un plus grand nombre. Mais cette expansion rapide a pu peser sur la qualité et la sécurité, comme le suggèrent les multiples avaries de Carnival.



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