Crise en Egypte : l'état d'urgence décrété pour un mois

14/08/13 à 15:50 - Mise à jour à 15:50

Source: Le Vif

L'état d'urgence a été décrété mercredi pour un mois en Egypte par le pouvoir mis en place par l'armée, après l'intervention sanglante des forces de l'ordre pour déloger les manifestants islamistes pro-Morsi de deux places du Caire, a annoncé la présidence.

Crise en Egypte : l'état d'urgence décrété pour un mois

© Reuters

La communauté internationale a unanimement condamné mercredi la dispersion violente par les forces de l'ordre égyptiennes des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, Ankara dénonçant un "massacre".

"La communauté internationale avec en tête le Conseil de sécurité de l'Onu et la Ligue arabe doivent immédiatement passer à l'acte pour faire cesser ce massacre", a demandé le Premier ministre turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Il a souligné que l'attitude conciliante de la communauté internationale à l'égard du "coup d'Etat" en Egypte "n'a fait qu'encourager l'actuel gouvernement en vue de son intervention d'aujourd'hui (mercredi)".

Ankara avait dès le début qualifié de "coup d'Etat" la destitution par l'armée du président égyptien, issu des Frères musulmans. Au moins 124 partisans de Mohamed Morsi ont été tués mercredi sur l'une des deux places évacuées de force au Caire, a rapporté un journaliste de l'AFP qui a pu compter les cadavres dans trois morgues improvisées.

Les manifestants parlent, eux, de plus de 2.200 morts et 10.000 blessés, des chiffres impossible à confirmer de sources indépendantes. Le président turc Abdullah Gül s'est également montré virulent, dénonçant une "intervention armée contre des civils qui manifestent" inacceptable. Il a dressé un parallèle avec le début de la contestation en Syrie, avant qu'elle ne dégénère en conflit armé.

Le terme de "massacre de la population" a également été employé par le ministère iranien des Affaires étrangères, qui a évoqué "la possibilité d'une guerre civile" en Egypte.

Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dénoncé "avec force" l'intervention de la police contre des "manifestants pacifiques".

En Occident, où le renversement le 3 juillet du président Morsi, démocratiquement élu au printemps 2012, n'a guère suscité de critiques, les condamnations sont plus mesurées.

L'Union européenne a invité toutes les parties "à faire preuve de la plus grande retenue", tandis que le président du parlement européen, Martin Schulz, a jugé que "les nombreux morts dénombrés ce matin au Caire ne sont pas acceptables".

Le chef de la diplomatie britannique William Hague, "profondément inquiet de l'escalade de la violence en Egypte", a condamné l'usage de la force et appelé "les forces de sécurité à agir avec retenue".

La France a également "mis en garde contre un usage disproportionné de la force" et appelé à "une logique d'apaisement", tandis que Berlin prônait une "reprise immédiate des négociations" pour empêcher "toute nouvelle effusion de sang".

Washington, qui assure officiellement ne pas prendre parti dans la crise égyptienne et évite soigneusement d'employer le terme de "coup d'Etat" pour ne pas devoir couper son aide militaire de 1,3 milliard de dollars par an, n'avait pas réagi mercredi en milieu de journée aux dernières informations.

Mardi, le département d'Etat avait demandé au gouvernement intérimaire de "laisser le peuple manifester pour faire avancer le processus démocratique".

Un caméraman de Sky News tué par balle au Caire Un caméraman de Sky News a été tué par balle, a annoncé la chaîne britannique d'informations en continu. "C'est avec un immense regret que Sky News annonce la mort de Mick Deane, un caméraman expérimenté, alors qu'il travaillait au Caire ce matin (mercredi)", a indiqué Sky News, ajoutant que ce journaliste de 61 ans, marié et père de deux enfants, "travaillait depuis quinze ans" pour la chaîne.

"Il a été blessé par balle, et en dépit des soins reçus, il est décédé peu après", a précisé Sky dans un communiqué, ajoutant que le reste de son équipe sur place était indemne. "Tout le monde à Sky News est choqué et attristé par la mort de Mick", un "journaliste talentueux et expérimenté" qui a travaillé au Moyen-Orient et aux Etats-Unis, a réagi le patron de la chaîne, John Ryley.

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