Cris de joie au Chili, le sauvetage des "33" continue

13/10/10 à 07:31 - Mise à jour à 07:31

Source: Le Vif

69 jours après l'éboulement de la mine de San José, le sauvetage des mineurs a pu commencer. Les cris de joies retentissent sur le site de la mine où dix mineurs ont été remontés à la surface.

Cris de joie au Chili, le sauvetage des "33" continue

© Reuters

Et de un

Un premier mineur, Florencio Avalos, a été remonté sain et sauf cette nuit à 00h10 (05h10 HB), après un calvaire souterrain sans précédent. Il a serré son enfant de sept ans dans ses bras sitôt sorti de la nacelle, puis son épouse Monica, enfin le président chilien Sebastian Pinera, et plusieurs personnes présentes aux abords de la sortie du puits.

Avalos a ensuite été immédiatement dirigé vers un hôpital de campagne installé sur la mine, où il doit subir une première série d'examens médicaux.

Le mineur de 31 ans a été hissé lors d'une ascension sans problème de moins de 15 minutes dans une nacelle métallique de 53 cm de diamètre treuillée à travers un puits de 622 mètres de profondeur. Il avait pris la place d'un secouriste, resté au fond de la mine pour préparer les ascensions.

La nacelle s'apprêtait à une nouvelle descente quelques minutes plus tard, embarquant un deuxième secouriste avant la remontée d'un deuxième mineur.

Et de deux

Mario Sepulveda, 39 ans, est le deuxième mineurs à avoir été ramené sain et sauf à la surface. Il était à 01h10 (05H10 HB) lorsqu'il a crié sa joie en brandissant le poing, une heure après son premier compagnon.

Sepulveda, un immense sourire aux lèvres, a immédiatement serré dans ses bras son épouse Katty Valdivia, puis a déclenché l'hilarité en sortant d'un sac des morceaux de roche du fond de la mine, qu'il a commencé à distribuer aux secouristes, au président Sebastian Pinera, au ministre des Mines.

"Viva Chile, mierda ! " (Merde, vive le Chili !) a crié Sepulveda, coiffé d'un casque et les yeux protégés par des lunettes spéciales, après deux mois de pénombre. Survolté, sautant comme un cabri, il s'est dirigé vers les premiers secouristes et ingénieurs passant à sa portée, les enlaçant, serrant des mains.

Sepulveda, un électricien de 39 ans, a été hissé lors d'une ascencion sans problème, de 15 minutes environ, à bord d'une étroité nacelle métallique de 53 cm de diamètre treuillée dans un puits de 622 mètres de profondeur.

Et ainsi de suite...

Le mineur Juan Illanes a été remonté sain et sauf de la mine San José (Chili), mercredi à 02h10 (07Hh00 heure belge). Il est le troisième mineurs a être secouru en l'espace de deux heures.

Illanes, un ancien militaire de 52 ans, a émergé en souriant de la nacelle métallique sous les applaudissements, et enlacé son épouse Carmen, avant une longue série d'accolades, dont une appuyée et émouvante avec le ministre des Mines Laurence Golborne, avant celle avec le président Sebastian Pinera.

Il a ensuite été allongé sur un brancard, et conduit à un hôpital de campagne installé sur place, où il doit subir une première auscultation.

Le déroulement rapide des remontées en surface, d'une heure environ par mineur en comptant la redescente de la nacelle et sa préparation, suggère que tous les 33 mineurs pourraient être secourus en 24 heures, si le rythme se maintient.

Carlos Mamani, un Bolivien et seul non-Chilien parmi les 33 mineurs bloqués depuis le 5 août dernier, s'est agenouillé au sol lors de sa sortie de la capsule avant d'embrasser sa femme.

Après eux, ont émergé Carlos Mamani, 23 ans, le benjamin Jimmy Sanchez, 19 ans, Osman Araya, 30 ans, José Ojeda, 46 ans, puis Claudio Yanez Lagos, 34 ans.

Aux abords de la mine, les familles étaient ballottées entre une intense joie et une imprescriptible cohue médiatique, proche du pugilat.

Lunettes sombres

Ces hommes ont passé 69 jours dans les entrailles sombres et humides de la mine. Jamais des mineurs n'avaient survécu aussi longtemps après un accident et leur sauvetage a captivé le monde.

Après l'effondrement de la mine, ils étaient passés pour morts pendant 17 jours jusqu'à ce qu'ils soient repérés vivants à travers un conduit très étroit. Ce conduit a ensuite servi de cordon ombilical pour faire parvenir aux reclus de l'eau et des vivres et leur permettre d'établir des contacts avec leurs proches et de garder le moral pendant la longue attente.

Il leur a en outre été conseillé de faire de l'exercice afin de ne pas prendre de poids pour ne pas compliquer les opérations de retour à la surface. D'après les médecins, certains risquent cependant de souffrir de séquelles psychologiques pendant longtemps.

Durant leur remontée dans la nacelle baptisée Phoenix, du nom de l'oiseau mythique qui renaît de ses cendres, il leur a été demandé de garder les yeux fermés. De retour à la surface, ils doivent porter des lunettes aux verres extrêmement sombres pour ne pas abîmer leurs yeux habitués à l'obscurité.

Ils devront ensuite passer deux jours en observation dans un hôpital voisin. D'après les secouristes, la remontée à la surface devrait se passer sans problème même si cette opération comporte évidemment des risques.

Le premier secouriste accueilli en héro

Un premier secouriste qui a atteint les 33 mineurs mardi, a été accueilli par les applaudissements des hommes au fond, au terme d'une descente de 15 minutes dans un puits de secours à bord d'une nacelle, selon des images de la télévision chilienne.

Manuel Gonzalez, le secouriste, est sorti de la nacelle, ovationné par les mineurs dont plusieurs l'ont serré dans leurs bras, selon les images d'une caméra installée au fond de la mine.

Les hommes se sont ensuite rassemblés autour de lui pour écouter ses instructions, dans l'atelier souterrain orné d'un drapeau chilien.

L'opération de sauvetage a commencé hier vers 23h20 (mercredi 04h20 HB) avec la descente du premier secouriste dans le puits de 622 m de profondeur, à bord de la nacelle métallique de 53 cm de diamètre.

Gonzalez, un employé du groupe chilien de cuivre Codelco, a été lentement descendu dans le puits par une grue, après avoir reçu les encouragements de collègues secouristes et du président chilien Sebastian Pinera. "Très bonne chance", lui a souhaité le chef de l'Etat.

Les essais ont pris du retard

Les préparatifs de sauvetage de 33 mineurs se prolongeaient mardi soir, avec plusieurs essais de la nacelle, qui a été légèrement endommagée lors d'un premier passage dans le puits de secours.

Ces essais retardaient le début du sauvetage, initialement annoncé vers 20h00 locales (mercredi 01h00 HB) par le président chilien Sebastian Pinera, puis pour deux heures plus tard par le ministre des Mines Laurence Golborne, un delai d'ores et déjà dépassé.

La nacelle métallique a été descendue dans le puits de secours pour un nouvel aller-retour destiné à assurer un passage sans encombre jusqu'aux mineurs au fond de la mine.

Après le premier passage, des images de la télévision chilienne ont montré des ingénieurs redressant à coup de marteau une partie de la porte grillagée de la nacelle.

L'ingénieur Jorge Sougarret a expliqué à la télévision publique TVN que le problème était survenu au passage dans la partie du puits non revêtue d'armature métallique. Un choc contre une paroi a occasionné "une bosse sur la porte" de la nacelle, qui a été redressée, a-t-il expliqué.

La nacelle a donc pu être renvoyée dans le puits pour un deuxième voyage à vide qui doit être suivi de deux va-et-vient avec un secouriste à l'intérieur de l'habitacle.

Le Vif.be, avec Belga et L'Express.fr

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