Criminalité financière : "La volonté et les moyens manquent partout" en Europe

04/12/14 à 11:07 - Mise à jour à 11:22

Source: Belga

"La volonté et les moyens manquent partout" en Europe pour lutter contre la criminalité financière, déplore le lanceur d'alerte Hervé Falciani, dans un entretien à Paris Match publié jeudi.

Criminalité financière : "La volonté et les moyens manquent partout" en Europe

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Célèbre pour avoir fait fuiter les données de milliers de clients de la banque HSBC, qui ont conduit à des enquêtes en France, en Belgique et en Espagne notamment, l'informaticien relate sa collaboration avec les autorités de différents pays, notamment avec le juge belge Michel Claise.

"J'ai beaucoup de respect pour la justice belge et le juge Claise en particulier. Parmi d'autres magistrats avec lesquels je collabore, il ose braver les obstacles dressés sur sa route, il résiste à des forces d'opposition énormes", dit-il. Car "partout, lorsque vous vous attaquez à la haute finance, vous rencontrez des entraves", affirme Hervé Falciani. "Il y en a eu en France, il y en a eu en Espagne et en Belgique aussi, le sujet est extrêmement sensible".

Malgré les efforts de certains magistrats, "la volonté et les moyens manquent partout et ça s'accentue", poursuit-il. "En Italie, en France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne, partout où j'entretiens des contacts avec des magistrats et des enquêteurs financiers et fiscaux, c'est le même refrain". "Or, l'argent dont les Etats ont cruellement besoin, c'est en grande partie dans la fraude organisée qu'il passe. Sans même avoir l'ambition d'aller le rechercher à l'étranger, on pourrait déjà faire en sorte qu'il ne sorte plus. Pour la France, on parle tout de même d'une évasion fiscale de l'ordre de soixante milliards d'euros par année", affirme-t-il.

Hervé Falciani dément avoir tenté de monnayer ses données dans un premier temps, comme l'en accusent ses détracteurs. Il appelle à une législation "qui protège les lanceurs d'alerte, afin d'éviter qu'ils se retrouvent seuls contre tous la plupart du temps". "Dans certains pays, pour endiguer le crime organisé, on protège bien les repentis, alors que ce sont eux-mêmes des criminels", note-t-il.

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