Crimes racistes en Allemagne: le chef des RG démissionne

03/07/12 à 08:04 - Mise à jour à 08:04

Source: Le Vif

Heinz Fromm, le patron des renseignements généraux en Allemagne, est mis en cause pour la manière dont a été menée l'enquête sur une série de crimes racistes attribués à des néonazis dans les années 2000.

Crimes racistes en Allemagne: le chef des RG démissionne

© Reuters

Heinz Fromm, le patron des renseignements généraux allemands a démissionné ce lundi, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur. Il est mis en cause dans l'enquête sur des crimes racistes attribués à des néonazis. Ce trio d'extrémistes formé de deux hommes aujourd'hui décédés et d'une femme actuellement en détention, s'était baptisé "Clandestinité national-socialiste" (NSU) et est soupçonné d'avoir tué neuf étrangers, dont huit Turcs, entre 2000 et 2006, ainsi qu'une policière en 2007.

Depuis la découverte de la NSU en novembre, les services de protection de la Constitution (Verfassungsschutz ou VS), les Renseignements intérieurs allemands, sont sur la sellette, et leur patron, Heinz Fromm, en a tiré les conséquences.

La thèse des crimes racistes négligée

Le ministre de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a accepté sa démission. "Le président de l'Office fédéral pour la protection de la Constitution, Heinz Fromm, m'a informé dimanche soir qu'il demandait son départ en retraite anticipé au 31 juillet de cette année. J'ai accepté cette requête", a expliqué Friedrich dans un communiqué.

Les révélations sur la NSU avaient provoqué un vif émoi en Allemagne notamment, car pendant des années, les enquêteurs et les Renseignements n'ont pas suffisamment pris au sérieux la thèse des crimes racistes. Lors d'une cérémonie solennelle à Berlin, la chancelière Angela Merkel a publiquement demandé pardon aux familles des victimes parfois accusées à tort dans ces meurtres.

Des "contacts" avec les milieux néonazis

La semaine passée, la polémique sur la conduite de l'enquête a rebondi avec des nouvelles révélations dans la presse indiquant que des informations importantes concernant la NSU avaient été détruites par les RG allemands. La presse a affirmé que peu après la découverte de la cellule néonazie, un des chefs d'unité des RG a détruit des dossiers démontrant que ce service d'enquête avait établi des contacts avec les milieux néonazis de Thuringe (est), dont certains membres avaient des liens personnels avec le trio de la NSU.

"Monsieur Fromm a dû faire face, particulièrement la semaine dernière, à des critiques importantes visant l'Office. Comme il l'a lui-même exprimé, le président de l'Office a été surpris et ébranlé par les erreurs de procédure commises par des collaborateurs de son administration", a commenté le ministre de l'Intérieur. "Il est comme moi profondément préoccupé par la perte de confiance occasionnée par ces erreurs. J'ai ordonné que tout soit mis en oeuvre pour faire la lumière sur la NSU au sein de l'Office afin de restaurer la confiance dans cette institution sécuritaire majeure", a ajouté Friedrich.

Ces dernières semaines, le parquet fédéral a tour à tour remis en liberté quatre suspects interpellés dans le cadre de l'enquête sur la cellule NSU, estimant dans la majeure partie des cas, que les charges retenues contre eux n'étaient pas suffisamment établies.

LeVif.be avec L'Express

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